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Une et catholique : l’Église (Les notes de l’Église, 1 sur 2)

Claves publie aujourd’hui la suite du parcours Képhas sur l’Église. Retour avec l’abbé Alexis Piraux sur les notes de l’Église : une, sainte, catholique et apostolique.
Quand vient le moment de professer notre foi concernant l’Église, nous chantons ou récitons dans le Credo : Et unam, sanctam, catholicam et apostolicam Ecclesiam , « Et [je crois] en l’Église, une, sainte, catholique et apostolique ».

 

Ce sont les quatre « notes », c’est-à-dire les caractéristiques de la véritable Église fondée par le Christ, et qui permettent de la distinguer par rapport aux fausses religions. Dans ce premier article, nous traiterons de la catholicité et de l’unité, qui sont comme les causes matérielle et formelle de l’Église[1]Cf. C. Journet, L’Église du Verbe Incarné. Essai de théologie spéculative, t. 1 :  La hiérarchie apostolique, Paris, Desclée de Brouwer, 1955, p. xi. La cause matérielle, en philosophie, … Continue reading.

La catholicité de l’Église

La catholicité de l’Église signifie son universalité. Le Catéchisme de l’Église Catholique distingue deux sens de l’universalité : selon la totalité et selon l’intégralité[2]Cf. n°830-831. Si on considère le premier sens, nous pouvons dire que l’Église est universelle selon la totalité, car elle est, en soi, instituée pour tous les hommes, de tous les temps et de tous les lieux (« catholicité de droit »), et elle est répandue actuellement dans presque l’intégralité du monde (« catholicité de fait »). Elle n’est donc pas une « Église nationale », limitée à un peuple particulier ; elle correspond au dessein de Dieu, d’appeler tous les hommes au salut[3]Cf. 1Tm 2, 4. L’Église est également universelle selon l’intégralité, car elle possède en elle l’intégralité, la plénitude des moyens du salut : « confession de foi droite et complète, vie sacramentelle intégrale et ministère ordonné dans la succession apostolique[4]Catéchisme de l’Église Catholique (CEC), n°830 ». L’Église est donc catholique ; elle comprend en son sein une multitude d’hommes de pays différents (ce que nous expérimentons aussi à l’échelle de notre paroisse). Qu’est-ce qui fera de cette multitude, non pas un désordre anarchique, mais un ensemble cohérent ?

L’Église est une

Ce sera l’unité de l’Église. Affirmer que l’Église est une, c’est affirmer d’une part que l’Église est unique (unité numérique : il n’y a qu’une seule Église du Christ), d’autre part son unité interne (son union, au sens de non-division)[5]Cf. Louis Ott, Précis de théologie dogmatique, Salvator-Casterman, Mulhouse-Paris-Tournai, 1955, p. 425. Que l’Église soit unique, cela a été rappelé dans un document relativement récent du Magistère : « compte tenu de l’unicité et de l’universalité de la médiation salvifique de Jésus-Christ, on doit croire fermement comme vérité de foi catholique en l’unicité de l’Église fondée par le Christ. Tout comme il existe un seul Christ, il n’a qu’un seul Corps, une seule Épouse : une “seule et unique Église catholique et apostolique” »[6]Congrégation pour la Doctrine de la foi, Déclaration Dominus Iesus (6 août 2000), n°16 (accessible en ligne). Et cette unique Église du Christ, c’est l’Église Catholique romaine[7]Cf. Idem, n°17. On se reportera à ce passage, qui clarifie les ambiguïtés qu’a soulevé l’emploi, au concile Vatican II, de l’expression selon laquelle l’unique Église du Christ … Continue reading. L’Église est une, enfin, par l’union de ses membres, union qui est assurée par des liens visibles de communion : l’unité dans la foi (les membres de l’Église croient les mêmes vérités de foi), l’unité de culte (c’est-à-dire, le fait de recevoir les mêmes sacrements), l’unité autour de la hiérarchie légitime (le pape et les évêques en communion avec lui). Mais l’unité de l’Église n’est pas l’uniformité[8]Nous renvoyons à l’article « L’unité, ce n’est pas l’uniformité » de notre confrère l’abbé Jean de Massia, fssp, en ligne sur Claves. ; il existe au sein de l’Église une riche diversité « de dons, de charges et de modes de vie »[9]Cf. CEC, n°814..

Références

Références
1 Cf. C. Journet, L’Église du Verbe Incarné. Essai de théologie spéculative, t. 1 :  La hiérarchie apostolique, Paris, Desclée de Brouwer, 1955, p. xi. La cause matérielle, en philosophie, c’est « de quoi » est constitué une réalité (par exemple, le marbre est la cause matérielle de la statue) ; la cause formelle, c’est « ce qu’est » une réalité (par exemple, c’est une statue de Notre-Dame). La catholicité est la cause matérielle, l’unité la cause formelle.
2 Cf. n°830-831
3 Cf. 1Tm 2, 4
4 Catéchisme de l’Église Catholique (CEC), n°830
5 Cf. Louis Ott, Précis de théologie dogmatique, Salvator-Casterman, Mulhouse-Paris-Tournai, 1955, p. 425
6 Congrégation pour la Doctrine de la foi, Déclaration Dominus Iesus (6 août 2000), n°16 (accessible en ligne)
7 Cf. Idem, n°17. On se reportera à ce passage, qui clarifie les ambiguïtés qu’a soulevé l’emploi, au concile Vatican II, de l’expression selon laquelle l’unique Église du Christ « subsiste dans » l’Église catholique (constitution Lumen gentium, n°8).
8 Nous renvoyons à l’article « L’unité, ce n’est pas l’uniformité » de notre confrère l’abbé Jean de Massia, fssp, en ligne sur Claves.
9 Cf. CEC, n°814.
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