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Espérer contre toute espérance (2 sur 2)

La semaine dernière, nous avons parlé de la vertu d’espérance. Nous méditerons aujourd’hui sur les rapports qu’elle entretient avec les deux autres vertus théologales, la foi et la charité.

 

L’espérance nourrie par la foi

Pour désirer quelque chose, il faut la connaître. Pour que nous ayons un désir surnaturel de Dieu, il nous en faut une connaissance surnaturelle. Cette connaissance surnaturelle de Dieu, c’est la foi théologale qui nous la donne.

C’est la foi qui nous apprend que Dieu est Trinité, et que la béatitude de l’homme, c’est la contemplation de ce Dieu un et trine. C’est la foi qui nous apprend que cette contemplation, en quoi consiste le Ciel ou la vision béatifique, est possible. C’est la foi qui nous apprend que Dieu peut et veut nous donner cette béatitude, les moyens pour y parvenir, les grâces pour triompher des obstacles. Oui, la foi est nécessaire à l’existence de l’espérance. Elle en est la cause, la racine, le fondement.

C’est pourquoi l’Église nous offre l’occasion d’approfondir notre foi. D’abord, en faisant régulièrement des actes de foi. Ensuite, en formant notre intelligence, par la lecture des Évangiles, dans la liturgie et par un bon catéchisme, par des cours de doctrine, et autres moyens de formation.

Plus l’objet de notre espérance est connu, plus son attrait est fascinant, et plus la volonté sera engagée à le poursuivre. Plus notre foi sera profonde et éclairée, plus notre espérance désirera Dieu, dont elle percevra davantage la bonté, et plus elle sappuiera avec confiance sur son secours.

L’espérance sublimée dans la charité

L’espérance naît d’un mouvement d’amour vers Dieu, et est sublimée dans la charité.

L’espérance atteint Dieu en tant qu’il est désiré comme notre béatitude. Elle est donc un certain mouvement d’amour vers Dieu, aimé comme notre bien. Mais si nous n’y prenons garde, cela pourrait aboutir à un amour égoïste. Dieu serait un moyen, et nous serions nous-mêmes la fin. Cette version dévoyée de l’espérance se reflète chez ceux qui mesurent l’intérêt et la valeur de la religion à leur propre bien-être ou à leur utilité. Au fond, ce sont ceux qui ne veulent pas servir Dieu, mais que Dieu les serve.

Mais l’espérance peut s’élever et se purifier. Pour cela, il faut aimer Dieu, non pas parce que cela nous profite. Ce serait nous mettre à la place de Dieu comme fin ultime. Mais il faut aimer Dieu comme fin ultime, et cela nous profite en conséquence. Une partie en aimant le tout aime aussi son bien. Un père de famille qui cherche le bien commun de son foyer, par le fait même cherche aussi son bien propre, qui est assuré par le bien commun de la famille.

Mais est-ce que l’espérance est un amour mercenaire, où l’on aimerait Dieu pour la récompense ? Pour l’Église, c’est une œuvre bonne et louable d’espérer la béatitude et d’agir dans cette espérance[1]Cf. L’espérance, Somme théologique de l’édition de la Revue des Jeunes, p. 223.. Pourquoi ? Parce que rechercher notre béatitude est un acte dhommage envers Dieu, qui lui rend gloire.

Comme le dit saint Paul : « C’est en [Christ] que nous avons été élus, ayant été prédestinés suivant la résolution de celui qui opère toutes choses d’après le conseil de sa volonté, pour que nous servions à la louange de sa gloire[2]Ep 1, 11-12 ».

L’espérance n’est parfaite qu’avec la charité

Comme la foi, l’espérance peut exister sans la charité. Mais elle est imparfaite sans elle. Parce que l’espérance n’engage pas toute notre volonté vers Dieu. Seule la charité est un amour de tout l’âme, de toutes les forces ; seule la charité atteint Dieu en lui-même et pour lui-même, avec désintéressement.

C’est pourquoi la charité purifie et élève l’espérance. L’âme aime Dieu pour lui-même, et s’aime elle-même pour l’amour de Dieu, désirant pour elle le salut, qui consomme son union à Dieu.

L’espérance est également fortifiée par la charité : plus l’objet désiré est aimé, plus on le désire et recherche. Et parce que Dieu est aimé d’amitié, la confiance en son secours est plus ferme.

Vous l’aurez compris : pour faire grandir en nous l’espérance, il faut aussi approfondir notre charité. Pour cela, ajoutons à nos actes quotidiens de foi et d’espérance, celui de la charité. Offrons toute notre journée et toutes nos actions par amour pour Dieu. Portons nos croix par amour. Notre âme sera ainsi disposée à recevoir une augmentation de la charité, qui élèvera et fortifiera notre espérance. C’est la grâce que nous attendons de la miséricorde du Seigneur, qui avec le Père et le Saint Esprit, vit et règne, pour les siècles des siècles.

Références

Références
1 Cf. L’espérance, Somme théologique de l’édition de la Revue des Jeunes, p. 223.
2 Ep 1, 11-12
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