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Jeudi de la quatrième semaine de carême

Carême 2024
Jeudi de la quatrième semaine de carême
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Chemin de carême avec Claves.org : jeudi de la quatrième semaine de carême

Ce qui nous frappe aujourd’hui, c’est la belle concordance entre la lecture et l’évangile. Dans ces deux lectures, il est question de mort, de résurrection. Dans les deux cas, il y a trois personnages en scène : une mère veuve plongée dans le chagrin, un jeune homme mort qui va être ressuscité et un thaumaturge. Ecoutez plutôt :

« En ces jours-là une femme de Sunam vint trouver le prophète Elisée, sur la montagne du Carmel […] Lorsqu’elle fut arrivée auprès de l’homme de Dieu sur la montagne, elle lui saisit les pieds […] Alors cette femme lui dit : Vous ai-je demandé un fils, mon seigneur ? Ne vous ai-je pas dit : Ne me trompez pas ? Elisée dit à Giézi [son serviteur]: Ceins tes reins, prends mon bâton dans ta main, et pars. […] Mets mon bâton sur le visage de l’enfant. Mais la mère de l’enfant dit à Elisée : Vive le Seigneur et vive votre âme, je ne vous quitterai pas. Il alla donc avec elle, et il la suivit. Cependant Giézi les avait précédés, et il avait mis le bâton sur le visage de l’enfant. Mais il n’y avait ni voix ni sentiment ! Il revint au-devant de son maître, et lui dit : L’enfant n’est pas ressuscité. Elisée entra donc dans la maison, et il trouva l’enfant mort couché sur son lit. Il ferma aussitôt la porte sur lui et sur l’enfant, et invoqua le Seigneur. Il monta alors sur le lit et se coucha sur l’enfant. Il mit sa bouche sur sa bouche, ses yeux sur ses yeux et ses mains sur ses mains, et il se courba sur lui, et la chair de l’enfant fut échauffée. Et Elisée s’éloigna, alla ça et là dans la maison, puis il remonta sur le lit et se coucha sur l’enfant. Alors l’enfant éternua sept fois, et ouvrit les yeux. » (2R 4, 25-38)

Maintenant, écoutons l’évangile : « En ce temps-là, Jésus se rendait dans une ville appelée Naïm ; et ses disciples allaient avec lui, ainsi qu’une foule nombreuse. Et comme il approchait de la porte de la ville, voici qu’on emportait un mort, fils unique de sa mère, et celle-ci était veuve ; et il y avait avec elle beaucoup de personnes de la ville. Lorsque le Seigneur l’eut vue, touché de compassion pour elle, il lui dit : Ne pleure point. Puis il s’approcha, et toucha le cercueil. Ceux qui le portaient s’arrêtèrent. Et il dit : Jeune homme, je te l’ordonne, lève-toi. Et le mort se mit sur son séant, et commença à parler. Et Jésus le rendit à sa mère. » (Lc 7, 11-16)

La vie et la mort : ces deux notions jouent un grand rôle dans la Bible et la liturgie. Que de fois le Christ parle de la vie, de la vie éternelle ! Ce que nous appelons vie et mort n’est pas la vraie vie et la vraie mort. Notre vie terrestre n’est qu’une ombre de vie et la mort terrestre n’est qu’un sommeil. La vraie vie est la participation à la vie divine, à la vie du Christ ; il est « la Vie », lui seul peut donner la vie. Seul, l’homme en état de grâce peut dire qu’il vit.

Cet enfant mort, en effet, c’est le genre humain que le péché grave a privé de la vie ; mais Dieu a résolu de le ressusciter.

D’abord un serviteur est envoyé près du cadavre ; ce serviteur est Moïse, reconnaissable à son célèbre bâton par lequel il fit descendre les dix plaies sur l’Egypte et par lequel aussi il multiplia les miracles. Sa mission est de Dieu ; mais, par elle-même, la loi qu’il apporte ne donne pas la vie. Cette loi est figurée par le bâton que Giézi tient à la main, et dont il essaie en vain le contact sur le corps de l’enfant. La Loi mosaïque, comme l’observera saint Paul, n’est que rigueur : elle établit un régime de crainte, à cause de la dureté du cœur d’Israël ; mais elle triomphe à peine de cette dureté ; et les justes en Israël, pour être vraiment justes, doivent aspirer à quelque chose de plus parfait et de plus filial que la loi du Sinaï. Il faut que le Fils de Dieu descende lui-même, adoucissant la loi mosaïque en apportant du ciel l’élément de la charité. Élisée est la figure de ce divin Rédempteur. Voyez comme il se rapetisse à la mesure du corps de l’enfant, comme il s’unit étroitement à tous ses membres.

Sept fois sa poitrine se dilate, et il inspire. Quelle belle image de l’Esprit aux sept dons reprenant possession de l’âme humaine qui doit être son temple.

Les ressuscités sont les symboles du pécheur qui doit ressusciter à Pâques, soit par le baptême, soit par la confession pascale, précepte dont dérive l’expression « faire ses pâques ». Le baptême comme une belle confession redonne à nos âmes les sept dons du Saint Esprit si nous les avions perdus par le péché mortel.

Contemplons une fois encore le prophète Élisée qui ressuscite l’enfant mort, pour en tirer une deuxième leçon qui s’adresse, celle-ci, à ceux qui exercent quelque autorité sur autrui.

Le bâton est inefficace mais l’enfant s’éveille toutefois au souffle léger de sa bouche. Cela pour apprendre aux supérieurs, et, en général, à tous, que dans nos relations avec le prochain les moyens les plus énergiques ne sont pas toujours les plus efficaces, et que, comme le disait spirituellement saint François de Sales, on prend plus de mouches avec le miel qu’avec le vinaigre.

Mais il y a plus : Elisée s’étend doucement sur l’enfant, pose son visage sur le sien, ses mains, ses pieds sur ceux de l’enfant, il s’adapte, se fait petit avec ce petit, et réussit ainsi à répandre dans le cadavre glacé la chaleur de la vie. Quel bel exemple de discrétion ! Il faut avant tout aux supérieurs, pour faire du bien, un certain esprit de prudente adaptation, pour mesurer d’abord ce qu’ils exigent des autres, et les forces de ceux qui doivent exécuter leurs commandements. Il ne faut pas regarder trop exclusivement ce que l’on devrait faire, mais il est nécessaire de peser ce qui se peut effectivement, tant de notre part que de celle d’autrui.

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