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Payer pour faire dire une messe ?

Qu’est-ce que la messe ?

La messe est le renouvellement du sacrifice dans lequel Jésus-Christ s’offre à Dieu le Père. Lorsque le prêtre prononce les paroles « Ceci est mon corps, ceci est mon sang », il rend Jésus présent sur l’autel, mais comme une victime : par la séparation du Corps (sous les apparences de l’hostie) et du Sang (sous les apparences du vin), le Christ est immolé réellement, comme au Calvaire, mais sacramentellement, donc de façon non sanglante.

Donc le sacrifice de la messe, c’est le sacrifice de la Croix ? Oui, la messe renouvelle le sacrifice de la Croix, parce que sur l’autel ou sur la Croix c’est le même prêtre et la même victime : Jésus-Christ réellement présent, qui s’offre en expiation de nos péchés.

À qui est offerte la messe ? Les intentions de la messe

Le sacrifice de la messe, en tant qu’il renouvelle le sacrifice du Christ est offert à Dieu seul. Pourtant on célèbre parfois la messe en l’honneur de la Sainte Vierge ou des saints, mais dans ce cas on rend grâces à Dieu pour les grâces qu’il leur a accordées et on prie pour obtenir leur intercession.

Une messe peut-elle être célébrée à une intention particulière ?

On considère ainsi parfois que la messe a quatre fruits :

– un premier fruit dit « généralissime » (et infaillible) : toute messe est offerte pour la gloire de Dieu et le salut de l’univers.

– un fruit « général », reçu par toutes les personnes qui assistent et s’unissent personnellement à la célébration (selon leurs dispositions personnelles).

– un fruit « spécial » qui revient au prêtre en tant que célébrant du sacrifice, et qu’il peut appliquer à telle ou telle finalité concrète : c’est ce fruit spécial qui est orienté à l’intention du donateur.

– un fruit « spécialissime » que le prêtre peut appliquer à titre personnel à une ou plusieurs personnes (vivantes ou défuntes) : celles qu’il nomme lors du Mémento des vivants et du Mémento des défunts.

Le Code de Droit Canonique précise que la messe peut être offerte pour toute personne, tant défunte que vivante (incluant implicitement les personnes non-catholiques, non-baptisées, voire les excommuniés, étant écarté tout risque de scandale). Le fait d’offrir des messes pour les défunts se fonde sur le dogme du Purgatoire et sur la finalité expiatoire du saint sacrifice : on ne peut cependant pas offrir la messe pour des âmes dont on sait qu’elles sont déjà au ciel (saints et bienheureux canonisés ou enfants baptisés décédés avant l’âge de raison).

Ainsi nous pouvons tout demander à Dieu, et pour tout le monde. Par la célébration du sacrifice de la messe, nous pouvons par exemple demander à Dieu d’accueillir un défunt au Ciel, de veiller sur une famille, ou de nous soutenir par sa grâce dans une situation douloureuse ou conflictuelle.

Précisons encore qu’une même intention peut englober plusieurs personnes – on parle d’intention collective. Le prêtre ne peut en revanche accepter qu’un honoraire par messe.

Que nous obtient la célébration de la messe ?

À ceux qui sont bien disposés, la messe obtient des grâces de conversion et elle suscite le regret des fautes commises. Elle obtient également la remise d’une partie de la peine temporelle qui est due aux péchés pardonnés. Enfin la messe nous obtient des grâces particulières, elle peut également nous obtenir les faveurs que nous demandons à Dieu. Même si dans ce domaine il n’y a rien d’automatique : cela dépend de nos dispositions intérieures, du bien-fondé de ces faveurs pour notre salut… Ainsi les bienfaits reçus de la célébration du saint sacrifice ne sont pas d’abord corrélés au montant de notre offrande, mais à la dévotion intérieure avec laquelle nous nous y unissons.

Précisons qu’il n’est pas nécessaire d’avoir quelque chose à demander pour faire célébrer une messe (pas plus que pour prier d’ailleurs) : il est toujours possible de faire célébrer une messe pour remercier d’une grâce ou d’une faveur reçue, ou encore en réparation d’une offense ou d’un péché grave que nous avons commis.

Messe, neuvaine, trentain… quelle différence ?

La messe, parce qu’elle renouvelle le sacrifice du Christ, a une valeur infinie, la multiplier parait donc inutile. L’accumulation de messes n’est pas un gage d’obtention automatique de la faveur demandée. Cependant la dévotion à la neuvaine de prière (réciter la même prière pendant neuf jours de suite) a une grande importance dans l’Église. Elle plonge ses racines dans la prière des Apôtres avec la Vierge Marie au Cénacle, avant la Pentecôte. Ainsi faire célébrer une neuvaine de messe, c’est montrer à Dieu son attachement à cette intention et son abandon à sa volonté. La célébration d’un trentain (trente messes quotidiennes consécutives célébrées pour le repos de l’âme d’un défunt) est un usage qui remonte à la fin du VIe siècle, quand le Seigneur fit la promesse à saint Grégoire Le Grand que la célébration d’un trentain pour un défunt obtiendrait sa délivrance du purgatoire. Le Pape Benoît XIV a qualifié cette coutume de « pieuse, approuvée et raisonnable ». Une belle occasion d’intercéder pour nos défunts !

Pourquoi un honoraire de messe ?

La messe n’a pas de prix, c’est un bien spirituel ! Cependant dès les origines du christianisme, les fidèles ont contribué à la célébration de la messe par des dons et des offrandes qui étaient destinés aux frais du culte, à la subsistance du prêtre, à la vie de l’Église. Il ne s’agit donc pas « d’acheter » une messe. On parle plutôt d’une « offrande » ou « d’honoraire de messe » : c’est une participation financière qui permet au prêtre de subvenir à ses besoins et d’accomplir au mieux sa mission. Le fondement de cette pratique se trouve simplement dans le fait rappelé par saint Paul (1Co 9, 7-14) que le ministre du culte a droit à sa sustentation (voir aussi Lc 10, 7 ; 1Tm 5, 18). Il s’agit cependant d’une donation, d’une aumône, qui a ceci de spécifique que le prêtre qui la reçoit est obligé en justice à offrir une messe à l’intention désignée. Il ne s’agit cependant pas d’un « prix » (la messe n’a pas de prix, et le fait de payer – ou de se faire payer – pour un sacrement constitue le crime de simonie, voir Ac 8, 12-24). Cette coutume est légitimée par le droit canon (voir Can. 945 du Code de Droit Canonique de 1983). Le Code précise que cette offrande permet aux fidèles de contribuer plus largement au bien de l’Église. Aujourd’hui, la Conférence des évêques de France a fixé l’honoraire de messe à 18 euros.

Concrètement : à qui s’adresser pour faire dire une messe ?

On peut s’adresser directement au prêtre de sa paroisse ou de son apostolat habituel. Il est aussi possible de faire la demande à une communauté religieuse ou sacerdotale, ou encore à un diocèse ou même à un sanctuaire (Lourdes, La Salette…).

Si vous vous adressez à un prêtre que vous connaissez, remettez-lui votre offrande en indiquant par écrit l’intention souhaitée. Selon ses possibilités, vous pouvez lui demander de célébrer cette messe un jour en particulier. Notons cependant que la valeur sacrificielle de la messe est toujours la messe, quel que soit le formulaire liturgique employé, le prêtre ou les conditions de célébration.

En ce qui concerne la Fraternité Saint-Pierre, plusieurs possibilités sont ouvertes : directement auprès du prêtre de votre apostolat, ou par internet, sur notre site : don.fssp.fr (ces intentions de messes sont ensuite réparties entre les prêtres de la Fraternité qui en font la demande).

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