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Un principe qui n’est ni biblique ni dans l’intention du Christ (“Sola Scriptura” 5/5)

Luther at the Diet of Worm

Dans le précédent article, nous avons montré que le principe protestant « sola Scriptura » n’était pas historique. Aujourd’hui, en guise de conclusion de cette série d’articles, nous allons montrer que « sola Scriptura » n’est pas scripturaire ou biblique. En effet, nous pouvons observer que dans la Bible il ny a aucun verset enseignant explicitement et clairement (ou même implicitement) le principe « sola Scriptura ».

Parfois les versets 2 Tm 3, 16-17 sont invoqués pour affirmer que l’Écriture seule suffit : « Toute Écriture est inspirée de Dieu et utile pour enseigner, pour réfuter, pour redresser, pour éduquer dans la justice, afin que l’homme de Dieu soit accompli, équipé pour toute œuvre bonne ». Mais l’étude de passages avec des expressions similaires (par exemple Jc 1, 2-4[1]« Prenez de très bon cœur, mes frères, toutes les épreuves par lesquelles vous passez, sachant que le test auquel votre foi est soumise produit de l’endurance. Mais que l’endurance soit … Continue reading) montre que Saint Paul ne prétend pas dire que seule l’Écriture suffit, mais qu’elle est profitable (sans exclure d’autres réalités)[2]Cf. Kenneth Hensley, Why Im Catholic: Sola Scriptura Isnt Scriptural, Part V, en ligne :  (consulté le 27/08/25)..

En regardant le Nouveau Testament, nous voyons que le moyen voulu premièrement et par soi par le Christ pour transmettre la Révélation est la transmission continue de l’Évangile par la prédication orale et la foi de l’Église (ce qui correspond à la Tradition)[3]Cf. I. Salaverri, De Ecclesia Christi, dans Sacrae Theologiae Summa (t. 1), Madrid, B.A.C, 1950, p. 728.. Pour reprendre les mots de Mgr de Ségur : « la Bible ne peut pas être la règle de notre foi, parce que Jésus-Christ n’a pas dit à ses Apôtres : Allez et colportez des Bibles ; mais bien : “Allez et enseignez toutes les nations ; qui vous écoute m’écoute” »[4]Mgr de Ségur, Causeries sur le protestantisme daujourd’hui, Cadillac, Éditions Saint-Rémi, 2014, p. 64.. Nulle part le Christ n’enjoint à ses Apôtres de transmettre sa Révélation par écrit, mais à plusieurs reprises il prescrit de la transmettre par la prédication orale : « Allez donc : de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit, leur apprenant à garder tout ce que je vous ai prescrit » (Mt 28, 19-20) ; « [le Christ] nous a commandé de prêcher au peuple et d’attester que c’est lui que Dieu a constitué juge des vivants et des morts » (Ac 10, 42)[5]Voir aussi (références données par Salaverri, p. 729) : Mc 16, 15-16 ; Jn 14, 16.26 ; 15, 15-16.26 ; Ac 1, 8..

L’exemple et les paroles des Apôtres nous montrent également qu’ils ont compris que le moyen voulu par leur Maître pour transmettre la Révélation était non pas l’Écriture, mais la prédication orale.

En effet, sept des Apôtres ne nous ont sans doute pas transmis d’écrit ; et ceux qui nous ont laissé un ou plusieurs écrits n’avaient pas l’intention ou la prétention de donner un exposé complet de la Révélation. Comme le reconnaît saint Jean lui-même : « Jésus a fait encore, en présence de ses disciples, beaucoup d’autres miracles qui ne sont pas écrits dans ce livre » (voir aussi Jn 21, 25). Les écrits des Apôtres avaient plutôt pour but de répondre à une occasion spécifique ou à un but particulier.

Enfin, aucun Apôtre n’a exercé ou revendiqué la mission d’écrire, mais bien celle de prêcher[6]Cf. les références données par Salaverri (p. 730) : Mc 16, 20 ; Ac 1, 8 ; 2, 32 ; 3, 15 ; 4, 18-20 ; 4, 33 ; 5, 32 ; 9, 20 ; 10, 39-42 ; 26, 16-18 ; 1Co 9, 16 ; 1Tm 2, 7 ; 2Tm 1, 11.. Voici ce que dit par exemple saint Paul : « Si j’annonce l’Évangile, ce n’est pas pour moi une gloire, c’est une obligation qui m’incombe, et malheur à moi si je n’annonce pas l’Évangile ! » (1 Co 9, 16).

Pour confirmer leur enseignement, les Apôtres en appellent, non pas aux écrits du Nouveau Testament, mais à la prédication orale, comme le montre l’exemple de saint Paul : « Prends pour norme les saines paroles que tu as entendues de moi, dans la foi et l’amour qui sont dans le Christ Jésus » (2 Tm 1, 13)[7]Voir aussi (références données par Salaverri, p. 730) : 2 Th 2, 5 ; 1 Co 7, 17 ; 15, 1-14 ; 2 Co 1, 18 ; Ga 1, 8 ; Col 2, 6 ; 2 Tm 2, 2. ; et de manière très claire, il dit aux Thessaloniciens : « Ainsi donc, frères, tenez bon et gardez fermement les traditions que nous vous avons enseignées, de vive voix ou par lettre » (2 Th 2, 15).

Un ancien évangélique devenu catholique donne le témoignage suivant : « au fil du temps, j’en suis venu à croire que sola scriptura n’était pas scripturaire ; qu’il s’agissait simplement de la position adoptée par un chrétien lorsqu’il ou elle pense que n’existe plus l’Église ayant autorité, et que Jésus a établie dans le Nouveau Testament et dont nous pouvons clairement voir le fonctionnement dans le Nouveau Testament »[8]Cf. K. Hensley (article cité en note 2).. Mais penser que cette Église ait disparu cela revient à affirmer que les « portes de l’enfer » ont triomphé d’elle et de la promesse de son Fondateur (cf. Mt 16, 18).

Si certains protestants objectent que le principe ne doit pas nécessairement se trouver explicitement dans l’Écriture, mais qu’il suffit qu’il puisse s’y trouver implicitement (ou par inférence), « alors ils doivent au moins être disposés à accepter toutes sortes de doctrines catholiques (par exemple, l’Assomption corporelle de Marie, l’Immaculée Conception de Marie). Ou du moins, lorsqu’ils remettent en question des doctrines telles que l’Assomption et l’Immaculée Conception, ils doivent abandonner les arguments dont le fondement est du type “ce n’est pas dans la Bible” »[9]Karlo Broussard, Sola Scriptura Is Not So Easy to Kill, en ligne (consulté le 27/08/25)..

Références

Références
1 « Prenez de très bon cœur, mes frères, toutes les épreuves par lesquelles vous passez, sachant que le test auquel votre foi est soumise produit de l’endurance. Mais que l’endurance soit parfaitement opérante, afin que vous soyez parfaits et accomplis, exempts de tout défaut ». Dans le cadre de cet article, nous utilisons la Traduction œcuménique de la Bible (2010). Saint Jacques ne veut évidemment pas dire que l’endurance seule suffit à la perfection chrétienne … Mais qu’elle est importante. Cf. l’article cité dans la dernière note.
2 Cf. Kenneth Hensley, Why Im Catholic: Sola Scriptura Isnt Scriptural, Part V, en ligne :  (consulté le 27/08/25).
3 Cf. I. Salaverri, De Ecclesia Christi, dans Sacrae Theologiae Summa (t. 1), Madrid, B.A.C, 1950, p. 728.
4 Mgr de Ségur, Causeries sur le protestantisme daujourd’hui, Cadillac, Éditions Saint-Rémi, 2014, p. 64.
5 Voir aussi (références données par Salaverri, p. 729) : Mc 16, 15-16 ; Jn 14, 16.26 ; 15, 15-16.26 ; Ac 1, 8.
6 Cf. les références données par Salaverri (p. 730) : Mc 16, 20 ; Ac 1, 8 ; 2, 32 ; 3, 15 ; 4, 18-20 ; 4, 33 ; 5, 32 ; 9, 20 ; 10, 39-42 ; 26, 16-18 ; 1Co 9, 16 ; 1Tm 2, 7 ; 2Tm 1, 11.
7 Voir aussi (références données par Salaverri, p. 730) : 2 Th 2, 5 ; 1 Co 7, 17 ; 15, 1-14 ; 2 Co 1, 18 ; Ga 1, 8 ; Col 2, 6 ; 2 Tm 2, 2.
8 Cf. K. Hensley (article cité en note 2).
9 Karlo Broussard, Sola Scriptura Is Not So Easy to Kill, en ligne (consulté le 27/08/25).
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