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À la suite de Noël (1 sur 2)

La Trinité de Anrdrey Rublev
Pourquoi Jésus vient-il naître dans notre monde, pourquoi Dieu se fait-il homme dans l’humble crèche ? Pour nous apprendre à donner et à nous donner.

Une naissance qui vient faire échec à la violence

Au premier abord, le fait de faire commencer notre civilisation à la naissance d’un enfant dans une province reculée de l’Empire Romain, dans un endroit improbable, parait bizarre, anodin et sans grande pertinence. Il faut donc chercher une raison par delà ces événements historiques qui nous sont rapportés dans l’Évangile. Du fait même du paradoxe, le motif pour lequel la venue du Christ sur terre correspond à un événement unique nécessite d’être approfondi.

Lorsque l’on regarde l’histoire de l’humanité, on voit que les relations humaines y sont empreintes de violence, on peut penser ici à l’enlèvement des Sabines dans l’Antiquité ou à Caïn et Abel dans la Genèse. Elles peuvent aussi donner lieu à l’échange, au commerce. Pensons à ces Phéniciens qui commerçaient autour de la Méditerranée.

Progression intermédiaire, dans la Bible, dans l’Ancien Testament, nous voyons comment Dieu suscite chez les hommes qu’il s’était choisi le don : Abraham porte Isaac sur l’autel en sacrifice, mais ce don inachevé suffit à Dieu ; la veuve de Sarepta donne son huile et son froment et ce don est récompensé par une profusion qui lui permet de vivre. Le don vraiment gratuit appelle encore une récompense immédiate.

Noël : une nouvelle dimension du don

Avec la venue du Christ nous découvrons une autre dimension, quelque chose qui n’existe pas sur terre à l’état « natif ». La naissance du Christ est un peu comme une météorite qui vient frapper la terre avec un nouveau métal. Ce métal c’est le don de soi-même sans chercher la moindre contrepartie et accompli jusqu’au bout. Lorsque le Christ, Verbe de Dieu, seconde personne de la Trinité, nait à Bethléem c’est pour se donner comme Dieu jusqu’à la mort de la Croix. Il y a en cela quelque chose de totalement unique, résultant d’une part de la gratuité totale du don et d’autre part de l’immensité du don eu égard à son donateur qui est Dieu. Le fait de placer le don total sans retour au cœur de l’humanité constitue le choc civilisationnel par excellence qui entraine le démarrage d’une nouvelle ère.

Jusqu’alors les relations entre les hommes et au sein de la nature étaient gouvernées par le rapport de force darwinien, la violence, la vengeance et l’échange. Les hommes avaient une certaine notion de Dieu, des dieux, mais ne pouvaient pas concevoir une relation avec eux ou entre eux en dehors de la violence ou de l’échange. La mythologie grecque est là pour l’illustrer.

La vie trinitaire : expérience incessante du don

Avec la venue du Christ et le Nouveau Testament nous avons appris que la vie de la Trinité c’est le don échangé entre ses personnes constitutives. Le tableau de la Trinité de Roublev nous en donne une forme de représentation. La puissance de Dieu n’est pas faite de force et de violence, la puissance de Dieu est faite du don sans retour et total de chacune des personnes divines aux autres personnes divines. C’est l’absolu du don et de l’humilité de chacune de ces personnes qui exprime leur divinité. Cette découverte révolutionne notre entendement. La venue du Christ sur la terre est une proposition d’adhésion à cette économie du don qui n’avait jusqu’ alors pas cours sur la terre. Cette proposition est désarçonnante en ce sens que le don qui est proposé, si on le regarde avec les yeux du monde, n’attend aucune satisfaction en retour et conduit à un manque voire une souffrance liée à cette absence de fruit visible. Lorsqu’une maman donne naissance à un enfant, sa souffrance est compensée par la joie d’un nouvel être. Lorsqu’un enfant fait plaisir à ses parents, ce don est récompensé par le sourire des parents. Si je donne le meilleur de moi-même et que rien ne vient en retour, c’est une occasion de souffrance.

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