Le Pr. John Bergsma, ancien pasteur protestant, converti au catholicisme, docteur en Écriture Sainte de l’Université Notre-Dame (Indiana), professeur de théologie à la Franciscan University de Steubenville (Ohio), auteur de nombreux ouvrages, nous fait l’honneur et l’amitié d’une série d’articles sur l’Évangile de saint Jean. Il poursuit le commentaire de la multiplication des pains par celui du discours qui l’explique : le “Pain de Vie”
Au lieu d’un repas… un discours
Le lendemain, les foules retrouvèrent Jésus parce qu’elles espéraient recevoir un nouveau repas gratuit. Mais au lieu de leur donner du pain, Jésus leur adressa un enseignement célèbre que nous appelons aujourd’hui le discours sur le Pain de Vie.
Dans ce discours, Jésus compare son propre corps aux nourritures miraculeuses de l’Ancien Testament, en particulier à la manne tombée du ciel durant la traversée du désert.
Cette comparaison scandalise les auditeurs :
« Les Juifs murmuraient à son sujet, parce qu’il disait : “Je suis le pain descendu du ciel.” » (Jean 6,41)
Le mot grec traduit par « murmurer » est exactement celui qu’utilise l’Ancien Testament lorsque les Israélites murmurent contre Moïse dans le désert parce qu’ils manquent de nourriture.
Jean construit ainsi son récit avec beaucoup de finesse. Il fait résonner les événements du passé dans ceux du présent : l’histoire semble recommencer. Autrefois, ils murmuraient à propos de la manne, à présent, ils murmurent parce que Jésus leur parle d’un nouveau pain descendu du ciel, d’une nouvelle manne, qui est lui-même. Or la manne était une nourriture surnaturelle qu’il fallait manger pour demeurer en vie.
De la manne au « pain de vie »
Ce détail est essentiel, car Jésus va insister de plus en plus fortement sur la nécessité de manger son corps.
Il déclare :
« En vérité, en vérité, je vous le dis : celui qui croit a la vie éternelle.
Je suis le pain de vie.
Vos pères ont mangé la manne dans le désert, et ils sont morts.
Voici le pain qui descend du ciel, afin que celui qui en mange ne meure pas.
Je suis le pain vivant descendu du ciel. Si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement.
Et le pain que je donnerai pour la vie du monde, c’est ma chair. »
À plusieurs reprises, Jésus affirme que celui qui mange sa chair ne mourra pas.
Le fruit de l’arbre de vie
Or, dans toute la Bible, un seul aliment conférait l’immortalité : le fruit de l’arbre de vie, auquel l’humanité n’avait plus accès depuis que nos premiers parents avaient été chassés du jardin d’Éden.
Souvenons-nous que, dès le début de son Évangile, Jean présente l’œuvre de Jésus comme une nouvelle création.
Pourquoi la venue du Christ inaugure-t-elle une nouvelle création ? Parce qu’il nous rend de nouveau accessible l’arbre de vie.
Nous sommes rétablis dans une condition où nous pouvons recevoir une nourriture qui promet la vie éternelle, c’est, en quelque sorte, un retour au jardin d’Éden.
Mais il faut aussi se rappeler une chose : le fruit de l’arbre de vie devait être mangé. De même, au fil du discours sur le Pain de Vie, Jésus insiste avec une force croissante sur la nécessité de manger sa chair et de boire son sang.
Un langage concret (non métaphorique)
Fait remarquable, lorsqu’il parle de sa chair et de son sang, il abandonne le verbe grec courant signifiant « manger » (esthiô ou phagein) pour employer τρώγω (trôgô), un verbe beaucoup plus concret qui signifie « mâcher », « mastiquer », « croquer ».
Jésus déclare :
« En vérité, en vérité, je vous le dis : si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme et ne buvez pas son sang, vous n’avez pas la vie en vous.
Celui qui mâche ma chair et boit mon sang a la vie éternelle, et je le ressusciterai au dernier jour.
Car ma chair est vraiment une nourriture, et mon sang est vraiment une boisson.
Celui qui mâche ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi en lui.
Comme le Père vivant m’a envoyé et que je vis par le Père, ainsi celui qui me mange vivra par moi.
Tel est le pain descendu du ciel. Il n’est pas comme celui qu’ont mangé vos pères : eux sont morts. Celui qui mange ce pain vivra éternellement. »
Le langage devient donc très concret.
Il s’agit littéralement de mâcher le corps du Christ avec ses dents.
À mesure que son discours avance, Jésus ne devient pas plus symbolique ; au contraire, il passe d’images relativement abstraites à des expressions toujours plus physiques et réalistes.
Réalité ou image ?
Pendant des années, j’ai été pasteur protestant. Si quelqu’un m’avait demandé ce que signifiait Jean 6, j’aurais répondu : « Tout cela est symbolique. “Me manger” signifie simplement avoir foi en moi. »
Le problème de cette interprétation est que, dans l’Ancien Testament, l’expression « manger quelqu’un » est toujours employée dans un sens hostile : dévorer une personne est une image de la guerre, de la destruction d’un peuple ou du ravage d’un pays. Cette expression possède toujours une connotation négative. Jésus ne se serait donc pas servi d’une telle image devant des Juifs pour exprimer une réalité positive comme la foi.
Le sens premier du texte est donc celui que Jésus entend donner.
Certains objectent : « Jésus ne peut pas parler littéralement, puisque l’Ancien Testament interdit de boire le sang. »
Il est vrai que l’Ancien Testament interdit de consommer le sang des animaux, car :
« La vie de toute chair est dans son sang » (Lévitique 17,14).
Dieu ne voulait pas que les Israélites participent à la vie animale. Mais la situation est totalement différente lorsqu’il s’agit du Christ. La vie divine est présente dans le sang de Jésus, et Dieu veut précisément nous faire participer à cette vie divine.
Le même principe demeure donc valable : la vie est dans le sang.
C’est pourquoi le sang des animaux est interdit, tandis que le sang du Christ est offert comme source de vie :
« Si vous ne buvez pas le sang du Fils de l’homme, vous n’avez pas la vie en vous » (Jean 6,53).
Du pain à l’eucharistie : « ma chair pour la vie du monde »
Le simple fait que Jésus introduise soudainement le thème du sang montre qu’il parle désormais de l’eucharistie.
En effet, si l’on relit attentivement le discours, on constate qu’avant le verset 53 il n’était question que du pain. Puis, brusquement, Jésus parle de boire son sang.
Pourquoi introduire ce nouveau thème ? Parce qu’il conduit désormais ses auditeurs vers le mystère eucharistique.
D’autres avancent un autre argument : « Jésus ne peut pas réellement demander de manger sa chair et de boire son sang, puisqu’au verset 63 il déclare : “C’est l’Esprit qui fait vivre ; la chair ne sert de rien.” Il ne peut donc pas parler d’un acte physique. »
L’argument paraît habile, mais il repose sur une confusion.
Jésus ne dit pas : « Ma chair ne sert de rien »,
mais : « La chair ne sert de rien. »
Dans les écrits de saint Jean comme dans ceux de saint Paul, « la chair » désigne souvent la nature humaine livrée à elle-même, séparée de Dieu.
Ainsi Jésus déclare en Jean 8,15 :
« Vous jugez selon la chair ; moi, je ne juge personne. »
Il faut donc distinguer « la chair » au sens de la condition humaine pécheresse, de « ma chair », c’est-à-dire la chair du Christ.
Or Jésus affirme précisément :
« Le pain que je donnerai pour la vie du monde, c’est ma chair. »
Qui oserait alors lui répondre : « Désolé, Seigneur, mais offrir ta chair pour la vie du monde est inutile. Ta chair ne sert à rien. »
Ou encore, Jean écrit au début de son Évangile :
« Le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous » (Jean 1,14).
Faudrait-il conclure que l’Incarnation est inutile parce que « la chair ne sert de rien » ? Évidemment non.
La puissance de la chair du Sauveur
La nature humaine, considérée en elle-même, n’a pas le pouvoir de sauver. Mais la chair assumée par le Fils de Dieu, unie à sa personne divine, possède une puissance incomparable. C’est cette chair que les malades touchaient et qui les guérissait. C’est cette chair que nous recevons dans les sacrements ; elle nous guérit du péché et nous conduit à la sainteté.
Malheureusement, aujourd’hui, beaucoup de chrétiens lisent Jean 6 sans voir le lien évident entre ce chapitre et l’Eucharistie.
La foi unanime de l’Église, dès les origines
Pourtant, les premiers chrétiens ne pouvaient pas passer à côté. Les documents historiques montrent que leur pratique la plus caractéristique consistait à se réunir le premier jour de la semaine pour refaire ce que Jésus avait accompli lors de la Dernière Cène.
Ils répétaient sur le pain et le vin les paroles du Seigneur :
« Ceci est mon corps. Ceci est mon sang. »
Ils se rassemblaient avant l’aube, souvent dans des lieux cachés, par crainte des autorités romaines.
Comment auraient-ils pu entendre les paroles de Jésus :
« Si vous ne mangez pas ma chair et ne buvez pas mon sang, vous n’avez pas la vie en vous »,
sans penser immédiatement au rite qu’ils célébraient chaque dimanche ?
Les premiers pasteurs de l’Église enseignaient d’ailleurs unanimement que Jésus voulait dire exactement ce qu’il disait.
Ainsi, saint Ignace, évêque d’Antioche, écrivit les lignes suivantes alors qu’il était conduit à Rome pour y subir le martyre, une dizaine d’années seulement après la mort de l’apôtre Jean :
« Prenez bien garde à ceux qui professent des opinions hérétiques au sujet de la grâce de Jésus-Christ… Ils s’abstiennent de l’Eucharistie et de la prière parce qu’ils refusent de reconnaître que l’Eucharistie est la chair de notre Sauveur Jésus-Christ, cette chair qui a souffert pour nos péchés et que le Père, dans sa bonté, a ressuscitée. »
(Lettre aux Smyrniotes, 6–7)
J’avais trente ans lorsque j’ai lu ce passage pour la première fois.
Il a été l’un des éléments qui m’ont conduit à entrer dans l’Église catholique.
Je possédais déjà deux diplômes universitaires de théologie et j’avais exercé le ministère pastoral pendant quatre ans.
Pourtant, je n’avais jamais lu les Pères de l’Église.
Lorsque j’ai découvert les écrits d’Ignace d’Antioche, j’ai compris que les premiers chrétiens croyaient réellement à la Présence réelle du Christ dans l’Eucharistie.
Ce n’est que bien plus tard que des protestants, comme moi auparavant, ont abandonné cet enseignement fondamental.
J’ai également compris que cette foi correspondait au sens littéral du Nouveau Testament.
Comment pouvais-je, moi qui prétendais croire en l’autorité de la Bible, rejeter à la fois l’enseignement explicite du Nouveau Testament et la foi des premiers chrétiens ?
En résumé
Le quatrième signe — la multiplication des pains pour les cinq mille — oriente clairement le lecteur vers le sacrement de l’Eucharistie.
Un miracle pour un autre
Le Pr. John Bergsma, ancien pasteur protestant, converti au catholicisme, docteur en Écriture Sainte de l’Université Notre-Dame (Indiana), professeur de théologie à la Franciscan University de Steubenville (Ohio), auteur de nombreux ouvrages, nous fait l’honneur et l’amitié d’une série d’articles sur l’Évangile de saint Jean. Il poursuit le commentaire de la multiplication des pains par celui du discours qui l’explique : le “Pain de Vie”
Au lieu d’un repas… un discours
Le lendemain, les foules retrouvèrent Jésus parce qu’elles espéraient recevoir un nouveau repas gratuit. Mais au lieu de leur donner du pain, Jésus leur adressa un enseignement célèbre que nous appelons aujourd’hui le discours sur le Pain de Vie.
Dans ce discours, Jésus compare son propre corps aux nourritures miraculeuses de l’Ancien Testament, en particulier à la manne tombée du ciel durant la traversée du désert.
Cette comparaison scandalise les auditeurs :
Le mot grec traduit par « murmurer » est exactement celui qu’utilise l’Ancien Testament lorsque les Israélites murmurent contre Moïse dans le désert parce qu’ils manquent de nourriture.
Jean construit ainsi son récit avec beaucoup de finesse. Il fait résonner les événements du passé dans ceux du présent : l’histoire semble recommencer. Autrefois, ils murmuraient à propos de la manne, à présent, ils murmurent parce que Jésus leur parle d’un nouveau pain descendu du ciel, d’une nouvelle manne, qui est lui-même. Or la manne était une nourriture surnaturelle qu’il fallait manger pour demeurer en vie.
De la manne au « pain de vie »
Ce détail est essentiel, car Jésus va insister de plus en plus fortement sur la nécessité de manger son corps.
Il déclare :
À plusieurs reprises, Jésus affirme que celui qui mange sa chair ne mourra pas.
Le fruit de l’arbre de vie
Or, dans toute la Bible, un seul aliment conférait l’immortalité : le fruit de l’arbre de vie, auquel l’humanité n’avait plus accès depuis que nos premiers parents avaient été chassés du jardin d’Éden.
Souvenons-nous que, dès le début de son Évangile, Jean présente l’œuvre de Jésus comme une nouvelle création.
Pourquoi la venue du Christ inaugure-t-elle une nouvelle création ? Parce qu’il nous rend de nouveau accessible l’arbre de vie.
Nous sommes rétablis dans une condition où nous pouvons recevoir une nourriture qui promet la vie éternelle, c’est, en quelque sorte, un retour au jardin d’Éden.
Mais il faut aussi se rappeler une chose : le fruit de l’arbre de vie devait être mangé. De même, au fil du discours sur le Pain de Vie, Jésus insiste avec une force croissante sur la nécessité de manger sa chair et de boire son sang.
Un langage concret (non métaphorique)
Fait remarquable, lorsqu’il parle de sa chair et de son sang, il abandonne le verbe grec courant signifiant « manger » (esthiô ou phagein) pour employer τρώγω (trôgô), un verbe beaucoup plus concret qui signifie « mâcher », « mastiquer », « croquer ».
Jésus déclare :
Le langage devient donc très concret.
Il s’agit littéralement de mâcher le corps du Christ avec ses dents.
À mesure que son discours avance, Jésus ne devient pas plus symbolique ; au contraire, il passe d’images relativement abstraites à des expressions toujours plus physiques et réalistes.
Réalité ou image ?
Pendant des années, j’ai été pasteur protestant. Si quelqu’un m’avait demandé ce que signifiait Jean 6, j’aurais répondu : « Tout cela est symbolique. “Me manger” signifie simplement avoir foi en moi. »
Le problème de cette interprétation est que, dans l’Ancien Testament, l’expression « manger quelqu’un » est toujours employée dans un sens hostile : dévorer une personne est une image de la guerre, de la destruction d’un peuple ou du ravage d’un pays. Cette expression possède toujours une connotation négative. Jésus ne se serait donc pas servi d’une telle image devant des Juifs pour exprimer une réalité positive comme la foi.
Le sens premier du texte est donc celui que Jésus entend donner.
Certains objectent : « Jésus ne peut pas parler littéralement, puisque l’Ancien Testament interdit de boire le sang. »
Il est vrai que l’Ancien Testament interdit de consommer le sang des animaux, car :
Dieu ne voulait pas que les Israélites participent à la vie animale. Mais la situation est totalement différente lorsqu’il s’agit du Christ. La vie divine est présente dans le sang de Jésus, et Dieu veut précisément nous faire participer à cette vie divine.
Le même principe demeure donc valable : la vie est dans le sang.
C’est pourquoi le sang des animaux est interdit, tandis que le sang du Christ est offert comme source de vie :
Du pain à l’eucharistie : « ma chair pour la vie du monde »
Le simple fait que Jésus introduise soudainement le thème du sang montre qu’il parle désormais de l’eucharistie.
En effet, si l’on relit attentivement le discours, on constate qu’avant le verset 53 il n’était question que du pain. Puis, brusquement, Jésus parle de boire son sang.
Pourquoi introduire ce nouveau thème ? Parce qu’il conduit désormais ses auditeurs vers le mystère eucharistique.
D’autres avancent un autre argument : « Jésus ne peut pas réellement demander de manger sa chair et de boire son sang, puisqu’au verset 63 il déclare : “C’est l’Esprit qui fait vivre ; la chair ne sert de rien.” Il ne peut donc pas parler d’un acte physique. »
L’argument paraît habile, mais il repose sur une confusion.
Jésus ne dit pas : « Ma chair ne sert de rien »,
mais : « La chair ne sert de rien. »
Dans les écrits de saint Jean comme dans ceux de saint Paul, « la chair » désigne souvent la nature humaine livrée à elle-même, séparée de Dieu.
Ainsi Jésus déclare en Jean 8,15 :
Il faut donc distinguer « la chair » au sens de la condition humaine pécheresse, de « ma chair », c’est-à-dire la chair du Christ.
Or Jésus affirme précisément :
Qui oserait alors lui répondre : « Désolé, Seigneur, mais offrir ta chair pour la vie du monde est inutile. Ta chair ne sert à rien. »
Ou encore, Jean écrit au début de son Évangile :
Faudrait-il conclure que l’Incarnation est inutile parce que « la chair ne sert de rien » ? Évidemment non.
La puissance de la chair du Sauveur
La nature humaine, considérée en elle-même, n’a pas le pouvoir de sauver. Mais la chair assumée par le Fils de Dieu, unie à sa personne divine, possède une puissance incomparable. C’est cette chair que les malades touchaient et qui les guérissait. C’est cette chair que nous recevons dans les sacrements ; elle nous guérit du péché et nous conduit à la sainteté.
Malheureusement, aujourd’hui, beaucoup de chrétiens lisent Jean 6 sans voir le lien évident entre ce chapitre et l’Eucharistie.
La foi unanime de l’Église, dès les origines
Pourtant, les premiers chrétiens ne pouvaient pas passer à côté. Les documents historiques montrent que leur pratique la plus caractéristique consistait à se réunir le premier jour de la semaine pour refaire ce que Jésus avait accompli lors de la Dernière Cène.
Ils répétaient sur le pain et le vin les paroles du Seigneur :
Ils se rassemblaient avant l’aube, souvent dans des lieux cachés, par crainte des autorités romaines.
Comment auraient-ils pu entendre les paroles de Jésus :
sans penser immédiatement au rite qu’ils célébraient chaque dimanche ?
Les premiers pasteurs de l’Église enseignaient d’ailleurs unanimement que Jésus voulait dire exactement ce qu’il disait.
Ainsi, saint Ignace, évêque d’Antioche, écrivit les lignes suivantes alors qu’il était conduit à Rome pour y subir le martyre, une dizaine d’années seulement après la mort de l’apôtre Jean :
J’avais trente ans lorsque j’ai lu ce passage pour la première fois.
Il a été l’un des éléments qui m’ont conduit à entrer dans l’Église catholique.
Je possédais déjà deux diplômes universitaires de théologie et j’avais exercé le ministère pastoral pendant quatre ans.
Pourtant, je n’avais jamais lu les Pères de l’Église.
Lorsque j’ai découvert les écrits d’Ignace d’Antioche, j’ai compris que les premiers chrétiens croyaient réellement à la Présence réelle du Christ dans l’Eucharistie.
Ce n’est que bien plus tard que des protestants, comme moi auparavant, ont abandonné cet enseignement fondamental.
J’ai également compris que cette foi correspondait au sens littéral du Nouveau Testament.
Comment pouvais-je, moi qui prétendais croire en l’autorité de la Bible, rejeter à la fois l’enseignement explicite du Nouveau Testament et la foi des premiers chrétiens ?
En résumé
Le quatrième signe — la multiplication des pains pour les cinq mille — oriente clairement le lecteur vers le sacrement de l’Eucharistie.