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La pénitence, une invention de l’Eglise ? (La pénitence est-elle une vertu ? 1/2)

Semaine Sainte à Malaga, Crédit photo : Ursus612 via Pixabay
Semaine Sainte à Malaga, Crédit photo : Ursus612 via Pixabay

L’évangile : un appel à la pénitence

Le message que le Christ a reçu du Père pour le monde a été essentiellement un appel à la pénitence et au pardon adressé aux pécheurs. Cet appel à la conversion revient sans cesse dans ses enseignements :

Dès lors, Jésus commença à prêcher et à dire : Faites pénitence (repentez-vous), car le Royaume des cieux est proche[1]Mt 4, 17..

ou encore chez saint Marc :

Le temps est accompli et le Royaume de Dieu s’est approché : repentez-vous (faites pénitence), et croyez à l’Évangile[2]Mc 1, 15..

Mais l’un des passages les plus marquants sur ce thème est celui rapporté par saint Luc à l’occasion du massacre de Galiléens par Ponce Pilate :

Prenant la parole, il leur dit : “Pensez-vous que, pour avoir subi pareil sort, ces Galiléens fussent de plus grands pécheurs que tous les autres Galiléens ? Non, je vous le dis ; mais si vous ne faites pas pénitence, vous périrez tous de même.
Ou bien ces dix-huit personnes sur qui est tombée la tour de Siloé et qu’elle a tuées, pensez-vous qu’elles étaient plus coupables que tous les autres habitants de Jérusalem ? Non, je vous le dis ; mais si vous ne faites pas pénitence, vous périrez tous de même »[3]Lc 13, 2-5..

Du témoignage même du Sauveur, il ressort clairement que la pénitence en vue du salut n’est pas optionnelle. Celui qui ne se repent pas, qui ne fait pas pénitence, n’aura pas part à la vie éternelle.

La pénitence dans le Nouveau Testament

Ce message a profondément marqué les Apôtres et leurs successeurs. Dès les premières missions évangélisatrices, nous retrouvons cet appel à la conversion. Nous en avons un exemple avec Simon le Magicien, qui, après avoir reçu le baptême, admirant les effets prodigieux de l’imposition des mains sur les néophytes, proposa aux Apôtres d’acheter, avec de l’argent, le don du Saint-Esprit. Saint Pierre, indigné, lui répondit avec sévérité :

Que ton argent périsse avec toi ! […] Repens-toi donc de cette méchanceté, et prie Dieu pour que, s’il est possible, cette pensée de ton cœur te soit pardonnée[4]Ac 8, 20-22..

Il est intéressant de remarquer que saint Pierre met ici une condition au pardon : le repentir du cœur. Il ne suffit pas de confesser son péché oralement ; encore faut-il que cette confession procède d’un cœur contrit.

Dans sa seconde épître, saint Pierre met en garde les fidèles contre certains faux docteurs — très probablement chrétiens — qui renient le Maître qui les a rachetés. Ils se livrent à des désordres sensuels, à des passions impures, blasphèment ce qu’ils ignorent, méprisent l’autorité et mettent en doute la parousie de Jésus. À leur sujet, il écrit :

Il aurait mieux valu pour eux ne pas connaître la voie de la justice que, l’ayant connue, s’en détourner[5]2P 2, 21..

Cependant, ce jugement n’est pas définitif, et saint Pierre les invite au repentir et à la pénitence :

Le Seigneur agit avec patience envers vous, ne voulant pas qu’aucun périsse, mais que tous arrivent à la pénitence[6]2P 3, 9..

Saint Jean, dans l’Apocalypse, nous a laissé plusieurs messages dans lesquels l’Esprit de Dieu reproche à certains évêques d’Asie leur tolérance envers des fidèles qui répandent des doctrines hérétiques, mènent une vie scandaleuse, participent à des actes d’idolâtrie et sont dévorés par la cupidité. Il les invite tous, sans exception, à faire pénitence et à revenir sur le chemin de la vérité, afin d’éviter les sévères sanctions de la justice divine :

Mais j’ai contre toi quelques reproches : tu as là des gens attachés à la doctrine de Balaam, […] à manger des viandes immolées aux idoles et à se livrer à l’inconduite. De même, tu en as d’autres qui sont attachés de même à la doctrine des Nicolaïtes. Repens-toi donc. Sinon, je viens à toi bientôt, et je les combattrai avec l’épée de ma bouche[7]Ap 2, 12-17..

Le témoignage des Pères de l’Eglise

Saint Clément, pape, disciple des Apôtres et ordonné par saint Pierre à Rome, a écrit vers l’an 91 une célèbre lettre aux fidèles de Corinthe pour condamner la révolte de certains de leurs chefs, qui avaient tenté de démettre des prêtres irréprochables. Le Saint-Père insiste auprès des perturbateurs de cette communauté sur le devoir qu’ils ont, devant Dieu, de se reconnaître coupables et de faire pénitence :

Vous donc, vous qui avez jeté les fondements de la sédition, soyez soumis aux prêtres et recevez la réprimande dans la pénitence, courbant les genoux de vos cœurs[8]Clément de Rome, Lettre aux Corinthiens..

Ici, encore une fois, nous voyons que la pénitence doit venir d’un cœur contrit et humilié à cause du péché.

De saint Polycarpe († 155), nous avons une Lettre à l’Église de Philippes, où il déplore qu’un certain Valens, prêtre, ait failli, entraînant avec lui sa femme, en retournant à l’idolâtrie par avarice. Il exprime cependant l’espoir qu’ils fassent tous deux pénitence pour leur péché, et exhorte les Philippiens à les considérer comme des membres malades et dispersés, devant être guéris et ramenés à l’unité du Corps du Christ.

Et nous pourrions encore citer de nombreux témoignages des Apôtres et des Pères de l’Église manifestant la nécessité pour le pécheur de se repentir et de faire pénitence.

Mais qu’est-ce que la pénitence, et le repentir qui lui est associé ? Ce sera l’objet de notre prochain article. 

Références

Références
1 Mt 4, 17.
2 Mc 1, 15.
3 Lc 13, 2-5.
4 Ac 8, 20-22.
5 2P 2, 21.
6 2P 3, 9.
7 Ap 2, 12-17.
8 Clément de Rome, Lettre aux Corinthiens.
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