Le Pr. John Bergsma, ancien pasteur protestant, converti au catholicisme, docteur en Écriture Sainte de l’Université Notre-Dame (Indiana), professeur de théologie à la Franciscan University de Steubenville (Ohio), auteur de nombreux ouvrages, nous fait l’honneur et l’amitié d’une série d’article sur l’évangile de saint Jean, dont la structure particulière est ici présentée.
L’évangile de l’aigle
Les Pères de l’Église considéraient Jean comme « l’aigle », parce que sa vision théologique s’élevait jusqu’aux hauteurs de l’amour divin.
La tradition chrétienne lui attribue la rédaction de cinq livres du Nouveau Testament : l’Évangile selon Jean, les trois Épîtres de Jean et le Livre de l’Apocalypse.
Cet évangile que nous allons étudier est tout simplement la plus grande œuvre de la littérature mondiale, le livre le plus influent, le plus diffusé et le plus important de toute l’histoire humaine.
Réfléchissons-y un instant : quel est, à l’échelle mondiale, le livre qui reste année après année le plus vendu ? Ce ne sont ni le Coran, ni Le Hobbit, ni Harry Potter, mais toujours la Bible. Et dans toute la Bible, la place d’honneur est donnée aux Évangiles, que nous nous levons pour écouter à la messe. Et parmi les quatre Évangiles, il y en a un que l’Église et les Pères ont distingué comme dominant les autres : l’Évangile selon Jean.
L’Évangile selon Jean est le sommet du livre le plus populaire de tous les temps. Dans vingt ans, les livres à la mode d’aujourd’hui seront oubliés, mais nous parlerons encore de l’Évangile selon Jean.
Le septénaire des sacrements
Ce que nous allons découvrir dans cette série d’articles, c’est que l’Évangile selon Jean est en réalité un livre sur les sacrements de l’Église catholique : le livre le plus populaire et le plus lu au monde est en fait un livre consacré aux sept sacrements.
Saint Jean aurait été le dernier des évangélistes à écrire, afin de compléter le portrait de Jésus déjà transmis par les autres. Il évite donc de raconter encore une fois les mêmes récits que vous avez déjà découverts à trois reprises, et suppose que vous les connaissez.
En revanche, il approfondit quelques événements soigneusement choisis de la vie publique du Christ, qu’il appelle des « signes ».
Ainsi, l’Évangile selon Jean est structuré autour d’une série de sept « signes » miraculeux, qui constituent l’ossature du livre :
1° Le changement de l’eau en vin aux noces de Cana (2,1-11).
2° La guérison du fils de l’officier royal à Cana (4,46-54).
3° La guérison du paralytique à Béthesda (5,1-18).
4° La multiplication des pains pour les cinq mille (6,1-15).
5° La guérison de l’aveugle-né (chap. 9).
6° La résurrection de Lazare (chap. 11).
7° Et enfin, la mort et la résurrection de notre Seigneur Jésus-Christ (chap. 19-20).
Miracles ou signes ?
Ces miracles sont appelés des « signes » parce qu’ils renvoient au-delà d’eux-mêmes. Nous ne devons pas nous attacher aux signes eux-mêmes ; nous devons voir Celui vers qui ils pointent. Jésus reprend souvent ceux qui se focalisent sur les miracles, qui veulent toujours le voir en accomplir « un autre », comme s’ils assistaient à un feu d’artifice ou à un spectacle de magie. Il critique cette recherche de sensations fortes qui s’attache aux miracles, parce que ces miracles sont des signes : ils indiquent autre chose — ou plutôt quelqu’un d’autre.
Quand je rentre chez moi à Steubenville après être parti en voyage, le premier panneau indiquant « Steubenville » se trouve à environ trente kilomètres au nord. Mais je ne m’arrête pas au premier panneau pour descendre de voiture, l’embrasser et dire : « Je suis rentré ! Je suis chez moi ! » Le panneau n’est qu’un repère destiné à vous conduire vers la réalité elle-même.
La puissance de Jésus manifestée dans les sacrements
L’un des grands thèmes de l’Évangile selon Jean est que la puissance de Jésus manifestée dans les signes continue de nous toucher à travers les sacrements.
Quand j’étais enfant, mes parents me lisaient les Évangiles, et j’adorais entendre ces grands récits des miracles de Jésus. Je me disais souvent : « J’aurais aimé vivre à cette époque, pouvoir tendre la main et toucher le bord de son vêtement. Si seulement j’avais pu rencontrer Jésus et faire l’expérience de sa puissance. »
L’Évangile selon Jean est précisément écrit pour répondre à ce genre de désir. L’apôtre raconte la vie de Jésus de telle manière que nous pouvons voir que les sacrements étaient déjà présents dans ce que Jésus accomplissait, et que son ministère continue à travers eux. Nous n’avons pas besoin de lire ces récits en disant : « Ah, si seulement j’avais pu revenir en arrière et toucher Jésus », parce que nous pouvons le toucher maintenant : à travers le pain et le vin de l’Eucharistie, les eaux du baptême, les paroles du prêtre dans le confessionnal, ainsi qu’à travers les autres sacrements. Jean raconte les miracles de Jésus de telle manière que nous pouvons faire le lien et nous dire : « Ah ! Ce que Jésus faisait autrefois, l’Église continue de le faire aujourd’hui, et moi aussi, je peux encore toucher Jésus. »
Au fil de notre parcours dans l’Évangile selon Jean, nous allons établir un lien entre chacun des sept signes de Jean et les sept sacrements de l’Église.
Lisez aussi notre article : l’Eglise peut-elle changer les sacrements ?
L’évangile des sept signes
Le Pr. John Bergsma, ancien pasteur protestant, converti au catholicisme, docteur en Écriture Sainte de l’Université Notre-Dame (Indiana), professeur de théologie à la Franciscan University de Steubenville (Ohio), auteur de nombreux ouvrages, nous fait l’honneur et l’amitié d’une série d’article sur l’évangile de saint Jean, dont la structure particulière est ici présentée.
L’évangile de l’aigle
Les Pères de l’Église considéraient Jean comme « l’aigle », parce que sa vision théologique s’élevait jusqu’aux hauteurs de l’amour divin.
La tradition chrétienne lui attribue la rédaction de cinq livres du Nouveau Testament : l’Évangile selon Jean, les trois Épîtres de Jean et le Livre de l’Apocalypse.
Cet évangile que nous allons étudier est tout simplement la plus grande œuvre de la littérature mondiale, le livre le plus influent, le plus diffusé et le plus important de toute l’histoire humaine.
Réfléchissons-y un instant : quel est, à l’échelle mondiale, le livre qui reste année après année le plus vendu ? Ce ne sont ni le Coran, ni Le Hobbit, ni Harry Potter, mais toujours la Bible. Et dans toute la Bible, la place d’honneur est donnée aux Évangiles, que nous nous levons pour écouter à la messe. Et parmi les quatre Évangiles, il y en a un que l’Église et les Pères ont distingué comme dominant les autres : l’Évangile selon Jean.
L’Évangile selon Jean est le sommet du livre le plus populaire de tous les temps. Dans vingt ans, les livres à la mode d’aujourd’hui seront oubliés, mais nous parlerons encore de l’Évangile selon Jean.
Le septénaire des sacrements
Ce que nous allons découvrir dans cette série d’articles, c’est que l’Évangile selon Jean est en réalité un livre sur les sacrements de l’Église catholique : le livre le plus populaire et le plus lu au monde est en fait un livre consacré aux sept sacrements.
Saint Jean aurait été le dernier des évangélistes à écrire, afin de compléter le portrait de Jésus déjà transmis par les autres. Il évite donc de raconter encore une fois les mêmes récits que vous avez déjà découverts à trois reprises, et suppose que vous les connaissez.
En revanche, il approfondit quelques événements soigneusement choisis de la vie publique du Christ, qu’il appelle des « signes ».
Ainsi, l’Évangile selon Jean est structuré autour d’une série de sept « signes » miraculeux, qui constituent l’ossature du livre :
1° Le changement de l’eau en vin aux noces de Cana (2,1-11).
2° La guérison du fils de l’officier royal à Cana (4,46-54).
3° La guérison du paralytique à Béthesda (5,1-18).
4° La multiplication des pains pour les cinq mille (6,1-15).
5° La guérison de l’aveugle-né (chap. 9).
6° La résurrection de Lazare (chap. 11).
7° Et enfin, la mort et la résurrection de notre Seigneur Jésus-Christ (chap. 19-20).
Miracles ou signes ?
Ces miracles sont appelés des « signes » parce qu’ils renvoient au-delà d’eux-mêmes. Nous ne devons pas nous attacher aux signes eux-mêmes ; nous devons voir Celui vers qui ils pointent. Jésus reprend souvent ceux qui se focalisent sur les miracles, qui veulent toujours le voir en accomplir « un autre », comme s’ils assistaient à un feu d’artifice ou à un spectacle de magie. Il critique cette recherche de sensations fortes qui s’attache aux miracles, parce que ces miracles sont des signes : ils indiquent autre chose — ou plutôt quelqu’un d’autre.
Quand je rentre chez moi à Steubenville après être parti en voyage, le premier panneau indiquant « Steubenville » se trouve à environ trente kilomètres au nord. Mais je ne m’arrête pas au premier panneau pour descendre de voiture, l’embrasser et dire : « Je suis rentré ! Je suis chez moi ! » Le panneau n’est qu’un repère destiné à vous conduire vers la réalité elle-même.
La puissance de Jésus manifestée dans les sacrements
L’un des grands thèmes de l’Évangile selon Jean est que la puissance de Jésus manifestée dans les signes continue de nous toucher à travers les sacrements.
Quand j’étais enfant, mes parents me lisaient les Évangiles, et j’adorais entendre ces grands récits des miracles de Jésus. Je me disais souvent : « J’aurais aimé vivre à cette époque, pouvoir tendre la main et toucher le bord de son vêtement. Si seulement j’avais pu rencontrer Jésus et faire l’expérience de sa puissance. »
L’Évangile selon Jean est précisément écrit pour répondre à ce genre de désir. L’apôtre raconte la vie de Jésus de telle manière que nous pouvons voir que les sacrements étaient déjà présents dans ce que Jésus accomplissait, et que son ministère continue à travers eux. Nous n’avons pas besoin de lire ces récits en disant : « Ah, si seulement j’avais pu revenir en arrière et toucher Jésus », parce que nous pouvons le toucher maintenant : à travers le pain et le vin de l’Eucharistie, les eaux du baptême, les paroles du prêtre dans le confessionnal, ainsi qu’à travers les autres sacrements. Jean raconte les miracles de Jésus de telle manière que nous pouvons faire le lien et nous dire : « Ah ! Ce que Jésus faisait autrefois, l’Église continue de le faire aujourd’hui, et moi aussi, je peux encore toucher Jésus. »
Au fil de notre parcours dans l’Évangile selon Jean, nous allons établir un lien entre chacun des sept signes de Jean et les sept sacrements de l’Église.
Lisez aussi notre article : l’Eglise peut-elle changer les sacrements ?