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Un cardiologue rencontre Jésus (3/3)

Les troublants témoignages d’un amour infini

Le professeur Serafini poursuit son ouvrage en abordant de manière synthétique le sujet (déjà étudié largement) des linges de la Passion. Transmis par la tradition avec amour et dévotion au long des siècles, ces précieuses reliques présentent des résultats étonnants lorsqu’elles sont scrutées par l’œil de la science, en lien évident avec les miracles eucharistiques.

À partir de nombreuses données médicales, l’auteur montre que les différentes recherches ont abouti à trouver des traces appartenant au même homme, apportant peu à peu des éléments de compatibilité qui consolident mutuellement l’authenticité de ces antiques témoignages.

Transcendant toute possibilité artistique, la crédibilité du linceul de Turin est irréductible : la présence de traces de sang humain, ou encore d’éléments de l’environnement minéral et végétal de Terre Sainte, montre une complexité qui exclut toute contrefaçon. Pour le professeur Serafini, le linceul est un objet unique, « qui ne devrait pas exister », portant une image dont on ne peut comprendre ni reproduire le mécanisme de formation. Il revient brièvement sur les limites des tests au Carbone 14 réalisés à la fin des années 1980 (opacité des prélèvements d’échantillon, non-respect des procédures, communication entre les laboratoires, limites dans l’analyse statistique, contamination environnementale du tissu…).

Moins connu, le suaire d’Oviedo présente de troublantes coïncidences avec le linceul : vrai sang, de même groupe sanguin, correspondance exacte des tâches et des traits physiques, chevauchement des plaies et gouttes de sang, traces de terre, de myrrhe, d’aloès, de pollens méditerranéens… Là encore, il questionne la pertinence d’un test au radiocarbone qui date le tissu du VIIIe siècle, après avoir daté une momie égyptienne vers l’an 1700 !

Il termine par la tunique d’Argenteuil, vêtement sans couture (malheureusement partagé et partiellement perdu durant la révolution), présentant également des poussières, pollens et algues typiques d’un climat méditerranéen, montrant des traces abondantes de sang humain, des micro-caillots de globules rouges déshydratés, des globules blancs et des bulbes pileux, des taches (superposables avec celles du linceul) dont la disposition indique que le condamné devait porter sur l’épaule gauche un objet cruciforme.

Pourquoi le cœur

Le professeur Serafini relève dans tous ces miracles eucharistiques la présence étonnante de tissu organique myocardique : même lorsque la matière avait l’air d’un caillot de sang, on retrouve des traces typiques de tissu cardiaque.

Le catéchisme affirme bien sûr que la totalité du corps, du sang, de l’âme et de la divinité sont contenus par la vertu de la transsubstantiation dans chaque parcelle d’hostie consacrée et chaque goutte de précieux sang. On observe d’ailleurs à Txitla la présence de nombreux tissus humains, non seulement caractéristiques du myocarde, mais aussi typiques de cellules graisseuses, et probablement aussi de cellules souches encore multipotentes.

Il observe cependant ce qu’il ose qualifier de prédilection du Ciel pour le cœur, un organe qui a toujours représenté bien plus qu’une simple pompe musculaire du système circulatoire : après la première greffe de cœur, la femme du patient (Mme Whashansky, 1967) craignait ainsi que son mari ne l’aime plus ! Symboliquement, le cœur est le centre de l’être humain, le lieu des intentions et volontés profondes, noyau dont dépendent l’unité et la plénitude de la personne. Le cœur est ainsi vu comme le point de connexion et d’union entre les composantes corporelles et spirituelles, et par conséquent comme le siège de la religiosité et de l’ouverture à la transcendance.

Le thème du cœur est particulièrement central dans l’Écriture Sainte : il est la capacité de connaître, de discerner, de mémoriser et d’aimer. Dans le Sacré-Cœur de Jésus, partie très noble, les chrétiens ont depuis longtemps vu l’objet d’une dévotion spéciale et le lieu d’une exaltation concrète de l’amour miséricordieux du Christ.

Le professeur Serafini récapitule ensuite les données médicales primitives au sujet du cœur et des caractéristiques qui permettent de reconnaître la présence de tissu myocardique : on distingue trois types de fibres musculaires : le tissu strié squelettique, le tissu lisse et le tissu cardiaque, strié de manière irrégulière, qui a la propriété de se contracter de manière autonome.

Les tissus myocardiques observés à Buenos Aires, Txitla, Sokolka et Legnica présentent par ailleurs des signes évidents d’une forte souffrance, comme si le cœur du patient était encore agonisant : signes de fragmentation des cellules, infiltration leucocytaire. Le tableau clinique correspond à celui de la cardiomyopathie induite par un stress intense, que l’on retrouve depuis plusieurs décennies chez les victimes d’accidents aériens, d’homicides après coups et violences, de décès par asphyxie.

L’auteur cite cependant une récente communication d’un cardiologue italien[1]Le professeur Pietro Pescetelli, lors d’un congrès de Sindonologie tenu à Washington en 2017. selon lequel les données médicales tirées du linceul et des miracles eucharistiques vont contre la thèse classique d’un décès par asphyxie – issue normale des crucifiés. Pour lui, la lucidité de Jésus jusqu’au bout, sa capacité à avaler et parler au dernier moment, sont incompatibles avec cette thèse : il pense qu’une souffrance myocardique intense aurait pu engendrer un infarctus et une rupture de la paroi ventriculaire, entraînant la mort immédiate. Ensuite, la stagnation du sang dans le péricarde pendant plusieurs heures, à la verticale, aurait séparé une partie corpusculaire rouge et un sérum transparent, qui seraient sortis lors du coup de lance du soldat.

Serafini aborde ensuite un aspect plus troublant encore : certaines observations, notamment sur les échantillons de Buenos Aires, semblent montrer des leucocytes (globules blancs) encore vivants et actifs au moment du prélèvement, après plus de trois ans passés dans l’eau distillée, alors qu’ils se dissolvent normalement quelques minutes après avoir été séparés de l’organisme. À Txitla on a même pu observer un macrophage en train de phagocyter du matériel lipidique, interrompu dans son travail par la préparation de la lame pour l’observation en laboratoire. On observe encore dans ces deux échantillons une réaction inflammatoire typique d’un organisme encore vivant. La conclusion qui s’impose est que les tissus apparus miraculeusement sont vivants et fonctionnels, comme s’ils étaient mystérieusement connectés à un organisme complet et vivant, quoiqu’invisibles à nos yeux. Le témoignage d’un médecin ayant observé l’échantillon de Buenos Aires en 1992 rapporte même qu’une zone de tissu semblait battre en rythme, ce qui marque encore de manière caractéristique les cellules musculaires cardiaques. La relique de Lanciano aurait elle aussi présenté lors du miracle les caractéristiques d’un tissu vivant, et la cavité ronde apparue ensuite en son centre serait la conséquence de l’extension d’une rigidité cadavérique.

Deux spécialistes de médecine légale de l’université de Bologne ont apporté une contribution supplémentaire en réagissant à une première édition de l’ouvrage du professeur Serafini : en observant certaines reproductions des observations microscopiques, ils ont reconnu des altérations caractéristiques des dommages subis par électrocution : une déformation des cellules, allongées jusqu’à présenter l’aspect d’une aiguille. L’auteur fait l’hypothèse que ces marques étonnantes pourraient être rapprochées des tentatives d’explication de la mystérieuse formation de l’image du linceul.

Le sang, les groupes sanguins et l’ADN.

Plus encore que le cœur, le sang est chargé de symboles. Il est en outre un élément déterminant des analyses médicales pratiquées sur les espèces transformées dans les miracles eucharistiques. Le pr. Serafini y consacre une part importante de son livre, à laquelle il ajoute des développements sur le groupe sanguin et l’ADN.

Le sang humain est présent dans les tissus analysés à Lanciano, Buenos Aires et Tixtla. Un même détail clinique revient à plusieurs reprises : les lymphocytes, c’est à dire la présence anormalement élevée de lymphocytes par rapport aux autres globules blancs. Les lymphocytes sont les globules blancs spécifiquement orientés vers la réponse immunitaire (production d’anticorps ou action directe). Une forme particulière de lymphocytes transitoire a été identifiée dans les années 1980 comme typique des situations de stress intense : réanimation, choc traumatique, hémorragiques, septique… Cette caractéristique se retrouve en des proportions quasi-identiques lors des deux événements (indépendants) survenus à Buenos Aires en mai 1992, montrant que le sang analysé appartient à la même personne.

Une autre caractéristique relevée à Buenos Aires est l’absence d’un type particulier de protéines normalement présentes dans le plasma et actives dans la réaction immunitaire : l’hypogammaglobulinémie est un état qui rend l’organisme moins apte à répondre aux infections. Elle peut être associée également à des situations de stress sévère, de brûlure, d’accident vasculaire… L’hypogammaglobulinémie transitoire semble causée par une hémorragie ou un déplacement de fluides de l’espace vasculaire vers l’espace interstitiel, suite à des chocs très violents.

La conjugaison de ces deux observations interroge : on pourrait être face au sang d’une victime d’un traumatisme sévère, compliqué d’une hémorragie abondante. La superposition de ces deux phénomènes transitoires indique au médecin que nous sommes au premier ou deuxième jour de l’événement. Le sang analysé semble donc être celui d’un homme hier encore en parfaite santé, mais souffrant aujourd’hui d’un polytraumatisme et de graves pertes de sang, proche de l’épuisement total.

Le pr. Serafini ajoute que le linceul est également taché de sang, présentant un excès de bilirubine, produit de la dégradation de l’hémoglobine, et donc l’accumulation peut être causée par un traumatisme grave, entraînant la destruction des globules rouges et un dysfonctionnement du foie.

Chaque fois que le groupe sanguin a pu être analysé, lors des miracles eucharistiques étudiés (Lanciano et Txitla – le test n’a pas été réalisé à Buenos Aires ni en Pologne) ou sur les trois reliques de la Passion, il s’agit du groupe AB (le plus rare de tous, le groupe du « receveur universel » – lorsque son Rhésus est positif, qui ne peut se donner de sang qu’à lui-même). La découverte des groupes A, B et O date des années 1900 et valut le prix Nobel de médecine à un médecin autrichien, Karl Landsteiner, qui découvrit encore le Rhésus (positif ou négatif). Les groupes sont distingués par de petites chaines de sucres (oligosaccharides) qui jouent le rôle d’antigènes. La répartition mondiale des groupes sanguins est une donnée qui transcende toute distinction ethnique : l’allèle O concerne 63% de la population mondiale, l’allèle A 21% et l’allèle B 16%. Le groupe AB représente en général moins de 5% de la population d’un groupe donné, il concerne aujourd’hui 8% de la population en Israël. Il est le plus rare car il ne se « transmet » pas (les gamètes d’un individu AB ne contiennent que l’un des deux allèles A ou B). Les antigènes A, B et O résistant très longtemps à la déshydratation, il est possible d’obtenir des réactions de combinaison à partir de traces infimes de sang : des tests ont été réussis sur des momies et des tombes vieilles de plusieurs millénaires (Toutankhamon était de groupe A).

L’auteur conclut par une analyse statistique montrant que sur la base d’une proportion d’individus AB d’environ 5% dans la population mondiale, la probabilité de coïncidence des données présentes sur les trois reliques de la passion et dans les deux miracles analysés est d’à peu près une chance sur trois millions (ou 0,00003125%).

L’ouvrage se conclut par un bref chapitre traitant de l’ADN, puisque des investigations ont été menées en ce sens à Buenos Aires, Txitla et Legnica. Dans les deux premiers cas cependant, le pr. Serafini relève que les analyses se sont révélées décevantes. De nouvelles analyses pourraient cependant être tentées sur une autre forme de molécule (l’ADN mitochondrial, plus court et donc susceptible d’une meilleure conservation), comme cela a déjà été le cas sur la tunique d’Argenteuil. Devant l’impossibilité d’aller plus loin avec certitude dans ce domaine, l’auteur conserve une réserve prudente et suggère qu’une disposition providentielle pourrait ainsi « protéger » l’ADN du Fils de Dieu d’une trop grande curiosité…

Références

Références
1 Le professeur Pietro Pescetelli, lors d’un congrès de Sindonologie tenu à Washington en 2017.
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