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Un cardiologue rencontre Jésus (1/3)

Il y a quelques années de cela encore, un jeune garçon attiré puissamment par le rayonnement de l’eucharistie dédiait trois jeunes années de sa courte vie à la construction d’une exposition sur les miracles eucharistiques dans le monde. Le destin de Carlo Acutis a ravivé l’intérêt du monde catholique pour ces phénomènes qui bousculent les esprits rationalistes et ravivent la foi.
Le docteur Franco Serafini, cardiologue à l’hôpital de Bologne a enquêté avec sérieux et précision sur un certain nombre de ces miracles présumés, en particulier sur certains exemples récents. Il en livre une analyse serrée et un commentaire qui dépasse le simple champ de la médecine dans son ouvrage récemment traduit et publié aux Editions Artège, Un cardiologue rencontre Jésus.

En introduction, le Dr Serafini explique comment il a été amené à se pencher sur le phénomène, et quels ont été les principaux éléments de sa démarche : il a choisi de passer en revue cinq miracles eucharistiques présumés, en restant purement factuel (historiquement et médicalement), pour ensuite tenter de faire émerger un schéma ou un enseignement commun à ces différentes expériences. Il ose poser d’entrée de jeu la question de l’intérêt et de l’utilité des analyses scientifiques et cliniques auxquelles ont été soumises les espèces eucharistiques sur lesquelles se sont produites ces phénomènes, et observe que ces recherches ont toujours été faites à la demande des autorités ecclésiastiques. Il questionne ainsi le rôle ambivalent de la science et de la technologie, avec la tentation de toute-puissance qui les accompagne souvent, mais conclut cependant que l’analyse de ces miracles, à l’heure des techniques contemporaines, fait partie de la naturelle valorisation de l’intelligence humaine crée par Dieu. Les miracles eucharistiques constituent d’ailleurs une pierre d’achoppement, une humiliation pour la science moderne et un remède à la tentation du scientisme. Il ne cache pas que l’investigation scientifique au sujet des phénomènes eucharistiques est un lieu de débat et de combat, dans lequel les chercheurs de vérité ont à faire face à des obstacles nombreux, y compris dans leur propre camp, face à certains vulgarisateurs de bonne foi qui écrivent des articles ou des rapports trop enthousiastes, imprécis et finalement contre-productifs.

Nous avons beaucoup apprécié l’ouvrage du professeur Serafini, tant pour la précision et la qualité technique de l’information médicale que pour le sérieux et la modération de son étude, éclairée par la foi mais présentée suivant les canons de la science contemporaine. L’auteur prend également soin de clarifier les termes les plus ardus et d’expliquer les tenants et les aboutissants des principales données médicales, en montrant comment leur interprétation peut nourrir la compréhension des miracles eucharistiques en question. Nous nous permettrons simplement d’apporter une légère clarification qui semble importante dans la mesure où malgré les impressionnants détails physiologiques que ces miracles semble ajouter à la connaissance des souffrances du Christ, on ne peut pas dire que la transsubstantiation rende présent le corps ou le coeur souffrant de Jésus. Avec toutes les traces de torture et les pathologies dont ils témoignent, ces miracles sont avant tout des signes, qui soutiennent notre foi en la présence réelle de la substance du corps et du sang de Jésus, aujourd’hui ressuscité et glorieux au Ciel. Pour une réflexion plus ample sur le statut des miracles eucharistiques, on pourra consulter l’article de l’abbé Berger de Gallardo : « Pourquoi les miracles eucharistiques ? »

Lanciano : antique miracle toujours vivant

Le premier miracle étudié est celui de Lanciano, qui aurait eu lieu entre 700 et 750 dans une petite ville des Abruzzes, lorsqu’un moine basilien réfugié en Italie aurait été pris de doutes répétés sur la réalité de la présence eucharistique alors qu’il célébrait la messe. Les espèces visiblement transformées en apparence de chair et de sang furent conservées depuis lors et peuvent toujours être observées : un tissu de chair rond, jaune-brun, d’environ 6 cm de diamètre et ouvert en une cavité centrale et cinq fragments de sang coagulé pour un total d’environ 16 grammes. L’histoire même du miracle est mal connue, rapportée par une tradition orale tardivement fixée à l’écrit. La première reconnaissance officielle connue date de 1574, date à laquelle la pesée des cinq caillots aurait donné un résultat en lui-même miraculeux : bien que de forme et de taille très différentes, les cinq caillots pesaient le même poids sur la balance et pesaient encore tous ensemble le même poids. Ce phénomène n’a plus été constaté lors des pesées suivantes, en 1886 par exemple. Dans les années 1970, l’archevêque fut sollicité pour une nouvelle reconnaissance et finit par confier la charge de ces analyses au professeur Linoli, anatomo-pathologiste des Hôpitaux d’Arezzo, qui préleva de petits fragments (20 mg en tout) de tissu et de sang (318 mg) afin de les soumettre à une batterie d’examens. Ceux-ci conclurent à l’absence de globules rouges et blancs dans le sang mais ce dernier peut toutefois être identifié comme du vrai sang, la chair comme une vraie chair, de tissu musculaire cardiaque, appartenant à l’espèce humaine. Le groupe du sang est déterminé : AB, identique dans la chair, appartenant probablement à la même personne. La conservation des tissus est inexpliquée. Dix ans plus tard, Linoli reprend ses recherches et confirme la structure myocardique des cellules, repérant la structure typique de la membrane interne du cœur. Linoli note enfin que la chair présente les caractéristiques de la rigidité cadavérique, ce qui montre qu’elle était vivante au moment du miracle originel. Ses études sérieuses et fouillées (même si le protocole, défini au fur et à mesure, aurait pu être plus solide dès le départ) ont permis de redonner de la visibilité à un miracle ancien mais plus vivant que jamais, puisque des dizaines de milliers de pèlerins se rendent encore chaque année à Lanciano.

Buenos Aires : cinq miracles en quatre ans

Entre 1992 et 1996, cinq phénomènes extraordinaires sont survenus dans des églises de Buenos Aires, touchant directement l’Eucharistie. Hosties sanglantes, fragments altérés, apparitions inattendues de matière organique : ces événements ont d’abord troublé les fidèles, puis intrigué les prêtres. L’Église locale, avec prudence, a entrepris une série d’analyses scientifiques. C’est là que commence l’enquête fascinante racontée par le cardiologue italien Franco Serafini.

L’un des épisodes les plus significatifs a eu lieu en 1996, dans la paroisse Santa Maria. Une Hostie, tombée à terre, avait été placée dans un récipient d’eau comme le prescrit la pratique liturgique. Mais au lieu de se dissoudre, elle s’est transformée en un fragment de matière rougeâtre, d’aspect organique. Sous l’impulsion du cardinal Jorge Mario Bergoglio (le futur pape François), l’archidiocèse décide en 1999 d’autoriser des analyses scientifiques approfondies. Le médecin bolivien Ricardo Castañón Gómez, spécialiste des phénomènes mystiques, est chargé de superviser cette nouvelle phase.

Des prélèvements sont alors effectués sur les matières issues de 1992 et 1996. Le premier laboratoire, en Californie, ne parvient pas à identifier clairement la nature de l’échantillon. Mais tout change lorsque les fragments sont confiés à un légiste renommé de San Francisco, puis au professeur Frederick Zugibe, expert new-yorkais en médecine légale et cardiologue reconnu.

Le Pr Zugibe, sans connaître l’origine eucharistique des échantillons, établit un diagnostic saisissant : il s’agit de tissu musculaire cardiaque, du ventricule gauche, à proximité d’une zone valvulaire. Plus encore, ce tissu est enflammé, infiltré par des leucocytes (globules blancs), et présente les caractéristiques d’un infarctus récent. Ces signes évoquent un cœur gravement traumatisé, comme après un accident violent ou une réanimation extrême.

Mais un détail va frapper tous les spécialistes : les leucocytes sont vivants. Or, ces cellules ne peuvent subsister que dans un organisme vivant, et certainement pas après plusieurs années de conservation dans l’eau. Autrement dit, le fragment analysé était biologiquement actif au moment du prélèvement. Comme l’explique le Pr Zugibe : « Ce muscle cardiaque est enflammé. Cela ressemble à ce que je trouve lorsque quelqu’un a été sévèrement battu à la poitrine. »

En termes scientifiques, il s’agit d’un tissu cardiaque humain, vivant au moment de l’examen, porteur de souffrances extrêmes. En termes spirituels, beaucoup y lisent une correspondance bouleversante avec la Passion du Christ : un cœur meurtri, battu, brisé, et pourtant vivant.

Franco Serafini, cardiologue de métier, analyse ces résultats avec rigueur. Il souligne l’impossibilité biologique de maintenir de telles conditions de conservation sans dégradation. La présence de leucocytes vivants, infiltrant un myocarde en souffrance, ne peut être expliquée autrement que par une intervention surnaturelle.

Si l’Église reste prudente dans l’interprétation de ces faits, l’accumulation des signes, la qualité des analyses, la cohérence des témoignages, dessinent un scénario médicalement inexplicable. La vérité de ce que l’Église professe depuis toujours – la présence réelle du Christ dans l’Eucharistie – est miraculeusement manifesté par le spectaculaire changement d’apparence des espèces[1]Sur la question de la nature des espèces “miraculeuses” dans les cas de miracles eucharistiques, il semble que l’on doive affirmer que les espèces miraculeusement produites sont … Continue reading.

Plus qu’un miracle spectaculaire, ces événements offrent un témoignage de l’amour infini du Christ, amour souffrant et brûlant pour l’homme, qui se rend présent dans chaque Eucharistie. Ces miracles intervenant au milieu d’un monde sécularisé sont un signe du ciel, au cœur de la ville, qui invite à la foi, à l’adoration, et à l’émerveillement.

Tixtla (Mexique, 2006) : l’hostie saigne

Le 21 octobre 2006, à Tixtla, au Mexique, un événement inattendu bouleverse une communauté en prière. Lors de la distribution de la communion, une religieuse remarque qu’une Hostie saigne dans sa patène. Le prêtre célèbrant montre immédiatement l’hostie à l’assemblée : plus de 600 personnes sont témoins du phénomène.

Une commission denquête diocésaine est constituée : les témoins déposent sous serment. Le célèbre neuropsychologue bolivien Ricardo Castañón Gómez est alors sollicité pour superviser l’étude scientifique. En 2009, trois fragments de l’Hostie sont prélevés, dans des conditions strictement encadrées, puis envoyés en aveugle à quatre laboratoires indépendants situés au Mexique, au Guatemala, en Bolivie et aux États-Unis.

Les résultats convergents sont stupéfiants :

  1. L’analyse révèle qu’il s’agit bien de sang humain, du groupe AB, avec présence de globules rouges, globules blancs et de zones de thrombose. Ce sang présente encore des caractéristiques de fraîcheur, comme si la plaie venait de s’
  2. Sous lumière ultraviolette, les experts observent du sang frais sous le sang coagulé, ce qui rend impossible toute falsification par ajout externe.
  3. Les fibres analysées sont très probablement d’origine musculaire cardiaque : elles présentent des signes de souffrance intense, comme dans un cas d’infarctus ou de stress extrê
  4. On détecte également des cellules souches multipotentes, de type embryonnaire, et des amas graisseux compatibles avec des tissus humains vivants.
  5. L’ADN humain est bien présent, mais sans que l’on puisse établir un profil génétique identifiable, tant le matériel est partiel.
  6. Enfin – détail saisissant – les globules blancs prélevés semblent encore actifs : l’un d’eux est surpris en train de phagocyter du matériel lipidique, ce qui suppose une activité cellulaire vivante – impossible des semaines après le prélèvement, sauf miracle.

Les scientifiques s’accordent donc sur deux constats : il s’agit bien de tissu humain vivant, d’origine cardiaque, et le phénomène échappe à toute explication naturelle. Comme à Buenos Aires, ces signes renvoient au Cœur souffrant du Christ, qui se donne tout entier dans l’Eucharistie.

Lire notre deuxième article : Un cardiologue rencontre Jésus (2/3)

Références

Références
1 Sur la question de la nature des espèces “miraculeuses” dans les cas de miracles eucharistiques, il semble que l’on doive affirmer que les espèces miraculeusement produites sont avant tout un signe de la vérité du miracle – plus grand encore – de l’Eucharistie. Nous renvoyons aux explications de l’article de l’abbé Berger de Gallardo sur les miracles eucharistiques.
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