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Peut-on être prudentiellement ecclésiovacantiste ? (2/2)

Nous avons répondu dans un premier article aux critiques formulées par l’abbé J-M. Gleize au sujet de nos articles sur la question de la hiérarchie de l’Église et de la possibilité de croire ou de vivre comme s’il n’y avait pas de pape. Nous avons ensuite repris trois premières objections de notre confrère. Nous terminons ici par les deux dernières, avant de conclure.

 

Quatrième objection : La crise de l’Église autorise-t-elle un doute quant à la permanence et à l’inséparabilité de sa sainteté et de son indéfectibilité ?[1]« En théorie pure et pour se conformer aux données élémentaires de son catéchisme, le catholique ne peut reconnaître comme la véritable Église du Christ : ni une Église habituellement … Continue reading

 

L’infaillibilité n’ayant pas été engagée par rapport à ce qui, dans les réformes ou enseignements conciliaires et postconciliaires, contredirait la Tradition objective, il n’est pas impossible ni contraire à l’indéfectibilité de l’Église que s’y glissent telle régression, telles équivocités ou telles erreurs.

Nous ne voyons donc pas en quoi alors cette crise sans précédent justifierait un doute prudentiel sur la conciliation des dogmes de l’indéfectibilité et de la sainteté de l’Église et leurs nécessaires implications pratiques.

Au contraire, la crise de l’Église manifeste en creux l’assistance du Saint-Esprit promise par Jésus à l’Église et garantissant son indéfectibilité. En effet, aucune des réformes entreprises depuis le concile n’a rendu invalides les sacrements et aucune affirmation hérétique ne porte les signes d’une quelconque infaillibilité, que les hommes d’Église auraient pu être tentés d’invoquer pour mieux les imposer…

À y regarder de plus près, les circonstances ne semblent donc pas obliger le catholique à conclure que l’indéfectibilité de l’Église puisse s’opposer à sa sainteté, même en temps de crise provoquée par sa hiérarchie.

Cinquième objection : La prudence est-elle au service de la Foi ou la Foi doit-elle se subordonner à la prudence ?[2]« Le passage où Mgr Lefebvre s’explique à ce sujet de la façon la plus explicite est la conférence du 5 octobre 1978. Il y affirme que sa position est dictée par la prudence, non par ce qui … Continue reading

À moins de considérer comme les modernistes que la Révélation publique n’est pas close à la mort du dernier apôtre et qu’elle peut être complétée, il faut affirmer qu’elle ne saurait souffrir d’amendement, même en temps de crise ecclésiale ; pas même au motif d’inspirations ou de grâces personnelles de tel ou tel fondateur de communauté qu’elle soit traditionnelle ou charismatique.

Ainsi, contrairement à ce qu’affirme Mgr Tissier de Mallerais, dans le bulletin de l’oratoire Saint-Joseph de Colmar (n.89.)[3]Il y écrit ceci : « Mgr Lefebvre est inspiré par l’Esprit-Saint. Or celui-ci est maître de ses lois. Donc il peut dispenser Mgr Lefebvre de l’accord du pape. », le Saint Esprit ne peut pas modifier la Révélation ou ses implications nécessaires, il ne saurait donc y avoir de prudence authentiquement surnaturelle à faire sienne une décision contraire au droit divin révélé.

En effet une telle prudence ne serait pas surnaturelle, car elle ne serait pas animée de la Charité, inséparable de la Foi qui a pour objet immuable la totalité de la Révélation et toutes ses implications nécessaires.

Conclusion : Le positionnement « prudentiel » de la FSSPX relève-t-il de l’obéissance ou de la Foi ?

Au terme de cette réponse au théologien d’Écône, il nous semble qu’au principe de son argumentation se trouve une compréhension incomplète et contradictoire de la Tradition opposant d’une part l’attachement inconditionnel à la Révélation et d’autre part la soumission due à la hiérarchie ecclésiastique pour agir (enseigner et sanctifier) au nom du Christ, dont l’Église est l’unique Corps mystique.

En effet, l’autojustification et le positionnement de la FSSPX depuis 1988 impliquent nécessairement que le pouvoir de juridiction de l’Église soit une simple composante disciplinaire, dont on pourrait s’exonérer par principe prudentiel en temps de crise.

Et c’est bel et bien ce qui conduit immanquablement après plus de trente ans à une autocéphalie de la FSSPX que seul justifie son écclésiovacantisme, quoi qu’en disent ses représentants.

Les faits, qui s’imposent contre tout argumentaire qui les contestent, le manifestent aisément. Ainsi :

– la FSSPX considère par principe que tous les membres des communautés traditionnelles reconnues officiellement par la hiérarchie ecclésiastique se sont ralliées aux erreurs du concile et du magistère post-conciliaire. Ce qui explique l’avertissement de la plupart des prêtres de la FSSPX à ses fidèles de préférer ne pas assister à la messe dominicale plutôt que d’assister à celle célébrée par des membres de ces communautés, qualifiées péjorativement de « ralliées[4]Ainsi, on peut lire au numéro 17 du Catéchisme des vérités opportunes : Les ralliés, de l’abbé Chautard, recteur de l’Université Saint Pie X : « Non, on ne peut pas se rendre aux messes … Continue reading ».

– la FSSPX ne reconnaît a priori aucune autorité magistérielle propre aux enseignements du concile Vatican II et des papes qui l’ont suivi[5]Cf Courrier de Rome n° 606 de janvier 2018 : « C’est pourquoi, si nous les considérons formellement comme l’expression de ce nouveau « magistère » (..), ces enseignements conciliaires … Continue reading.

– la FSSPX rejette habituellement toute communicatio in sacris de ses membres avec le clergé qui n’est pas le sien, même lorsque la messe est célébrée dans le rite traditionnel.

– la FSSPX insinue un doute de principe généralisé sur la validité des sacrements[6]Voir par exemple dans le Courrier de Rome, Mars 2023, pp. 7-12 : « Tous douteux ? » par l’abbé Jean-Michel Gleize, page 12. célébrés dans l’Église latine par un autre clergé latin (non sédévacantiste) que le sien depuis la réforme liturgique. Ce doute se fonde sur l’intention moderniste et œcuméniste réputée avoir présidé non seulement à la réforme du rite de la messe mais aussi à celle de l’ordre et des autres sacrements requérant le sacerdoce pour être célébrés validement[7]Déjà Mgr Lefebvre, lors de son homélie, à l’occasion des Sacres du 30 juin 1988 enseignait cela : « Vous savez mes bien chers frères, vous savez qu’il ne peut y avoir de prêtres sans … Continue reading. Un tel doute explique que ses évêques reconfirment sous condition les fidèles ayant été confirmés selon le nouveau rite et que les évêques extérieurs l’ayant rejoint, tels Mgr Lazo[8]Dans un courrier de Mgr Tissier de Mallerais, daté du 12 août 1998, destiné aux religieux d’Avrillé, concernant la possibilité pour cet évêque, sacré dans le nouveau rite, de confirmer ou … Continue reading ou Mgr Huonder, n’ont jamais conféré le sacrement de l’ordre aux séminaristes de la FSSPX.

La prudence n’invite-t-elle donc pas à considérer plutôt les actes que les paroles de ceux qui se défendent d’errer contre à la Foi[9]« Tous les adeptes des positions énumérées professent la foi dans le dogme catholique de l’indéfectibilité de l’Église, et c’est même au nom de celui-ci qu’ils entendent justifier, … Continue reading, pour juger de leur éventuelle infidélité ?

Enfin, la raison ultime du positionnement de la FSSPX n’est donc pas à chercher dans l’ecclésiologie catholique mais bien en l’attachement inconditionnel à la personne de Mgr Lefebvre, qui de l’aveu de Mgr Tissier de Mallerais, aurait été mû par la grâce pour sacrer : « Monseigneur a la grâce pour décider, j’ai la grâce pour le suivre[10]Entretien exclusif de Mgr Tissier de Mallerais pour La Porte Latine, le 15 mars 2016 … Continue reading. ».

Plus récemment, l’actuel supérieur de la FSSPX, a confirmé dans ses propos du 15 janvier 2022 la raison profonde le conduisant à ne pas douter du bien-fondé du positionnement actuel de la FSSPX, en raison de la continuité de celui-ci avec la décision prise par Mgr Lefebvre de sacrer, décision réputée divinement inspirée[11]Cette décision des sacres épiscopaux contre la volonté formelle du pape est même plus loin interprétée comme un signe de sainteté de Mgr Lefebvre par l’actuel supérieur général de la … Continue reading:

 Après avoir passé la nuit en prière, il a compris dans la prière et dans la solitude ce que Dieu attendait de lui. Celui qui devait prendre une décision d’une telle importance vis-à-vis de l’histoire, vis-à-vis de l’Église et vis-à-vis des âmes, a compris dans la solitude, en quelques heures, ce que même les “Ecclesia Dei” peuvent maintenant comprendre, après plus de trente ans[12]Cf Transcription intégrale de la conférence donnée par Don Davide Pagliarani, supérieur général de la Fraternité Saint-Pie X, au terme du XVIe congrès de théologie du Courrier de Rome, le 15 … Continue reading. 

Il est donc à craindre que les membres de la FSSPX soient congénitalement ordonnés à justifier les sacres de Mgr Lefebvre[13]Notons que la FSSPX a, de la même manière, justifié trois ans plus tard le sacre de Mgr Rangel par trois de ses quatre évêques, sans aucun mandat pontifical. (cf Déclaration des quatre … Continue reading contre la volonté formelle de Jean-Paul II qu’ils reconnaissaient pourtant comme successeur légitime de saint Pierre, à la faveur d’une ecclésiologie d’exception[14]« Fanatisme de ceux qui, pour mesurer toute la gravité des erreurs introduites dans la prédication et la pastorale des hommes d’Église, à l’occasion du concile Vatican II, méconnaissent … Continue reading pour le moins étrangère à la Révélation !

Au prétexte de vouloir tellement se prémunir du néo-modernisme, l’on finit par faire sien en pratique la vacance des pouvoirs de juridiction, de magistère et de sanctification qu’implique nécessairement un sédévacantisme occulte de plusieurs décennies. C’est en tout cas le risque que prend l’abbé Gleize défendant prudentiellement un doute général sur l’authenticité de l’exercice des pouvoirs de juridiction, d’enseignement et de sanctification en temps de crise, mais c’est le risque qui est inscrit hélas dans l’entorse au droit divin[15]L’abbé Gleize a tenté dans des numéros précédents du Courrier de Rome de justifier la possibilité de sacrer catholiquement un évêque (sans lui donner de juridiction) contre la volonté du … Continue reading que sont les sacres épiscopaux du 30 juin 1988, effectués contre la volonté formelle du pape.

Ce risque pris pour défendre la personne de Mgr Lefebvre s’autorise-t-il d’une prudence vraiment surnaturelle ? Une réponse positive conduit inéluctablement à un écclésiovacantisme revendiqué et à un rapport moderniste à la Tradition objective, celle-ci devenant vivante ou évolutive pour ne pas dire contradictoire au fil du temps[16]À ce sujet, quelques rappels élémentaires figurent dans notre article « L’Église peut-elle changer de doctrine ? » concluant de la sorte : « Plutôt qu’un choix entre rupture et … Continue reading. Du sédévacantisme occulte à l’écclésiovacantisme prudentiel adopté dans le sillage des sacres de 1988, on aboutit bel et bien à l’impasse du “Tradovacantisme” dont nous accuse pourtant notre théologien.

 

Références

Références
1 « En théorie pure et pour se conformer aux données élémentaires de son catéchisme, le catholique ne peut reconnaître comme la véritable Église du Christ : ni une Église habituellement dépourvue de chef visible ni une Église habituellement pourvue d’un chef visible frayant la voie à l’hérésie ». Autant dire que le dogme de l’indéfectibilité de l’Église doit aller de pair avec celui de sa sainteté, principalement la sainteté de sa doctrine. Et les circonstances présentes semblent obliger le catholique à conclure que l’un exclurait l’autre, chose évidemment absurde. » (Courrier de Rome n°674 d’avril 2024)
2 « Le passage où Mgr Lefebvre s’explique à ce sujet de la façon la plus explicite est la conférence du 5 octobre 1978. Il y affirme que sa position est dictée par la prudence, non par ce qui serait une position dogmatique absolue. « Cela ne veut pas dire pour autant », dit-il après avoir énoncé sa position, « que je sois absolument certain d’avoir raison dans la position que je prends. Je la prends surtout d’une manière, je dirais, prudentielle, prudence que j’espère être la sagesse de Dieu, que j’espère être le don de conseil, enfin prudence surnaturelle. C’est plutôt sur ce domaine-là que je me place, je dirais, plus peut-être que sur le domaine purement théologique et purement théorique » (…) « D’un problème qui, aux yeux de la Fraternité Saint-Pie X, se pose essentiellement d’un point de vue pratique et prudentiel, l’abbé de la Fraternité Saint-Pierre fait un problème dogmatique. » (Courrier de Rome n°674 d’avril 2024)
3 Il y écrit ceci : « Mgr Lefebvre est inspiré par l’Esprit-Saint. Or celui-ci est maître de ses lois. Donc il peut dispenser Mgr Lefebvre de l’accord du pape. »
4 Ainsi, on peut lire au numéro 17 du Catéchisme des vérités opportunes : Les ralliés, de l’abbé Chautard, recteur de l’Université Saint Pie X : « Non, on ne peut pas se rendre aux messes des ralliés, premièrement parce que l’assistance à la messe est une profession publique de la foi et que cette profession de foi est altérée par les ralliés,  deuxièmement parce que l’assistance à la messe ralliée entraîne une relativisation des oppositions doctrinales, troisièmement parce qu’une telle assistance développe des contacts périlleux pour la foi. » (https://laportelatine.org/formation/crise-eglise/ecclesiadeisme/catechisme-des-verites-opportunes-les-rallies-vus-par-mgr-lefebvre-abbe-f-m-chautard-8-juillet-2018)
5 Cf Courrier de Rome n° 606 de janvier 2018 : « C’est pourquoi, si nous les considérons formellement comme l’expression de ce nouveau « magistère » (..), ces enseignements conciliaires sont douteusement de nature magistérielle. » (article de l’abbé Gleize intitulé « Les enseignements conciliaires sont-ils proprement magistériels ?)
6 Voir par exemple dans le Courrier de Rome, Mars 2023, pp. 7-12 : « Tous douteux ? » par l’abbé Jean-Michel Gleize, page 12.
7 Déjà Mgr Lefebvre, lors de son homélie, à l’occasion des Sacres du 30 juin 1988 enseignait cela : « Vous savez mes bien chers frères, vous savez qu’il ne peut y avoir de prêtres sans évêques. Tous ces séminaristes qui sont ici présents, si demain le bon Dieu me rappelle, et ce sera sans doute sans tarder, eh bien, ces séminaristes, de qui recevront-ils le sacrement de lordre ? Des éques conciliaires, dont les sacrements sont tous douteux parce quon ne sait pas exactement quelles sont leurs intentions ? Ce n’est pas possible. Or quels sont les évêques qui ont gardé la Tradition, qui ont gardé les sacrements tels que l’Église les a donnés pendant vingt siècles jusqu’au concile Vatican II ? Eh bien c’est Mgr De Castro Mayer et moi-même. Je n’y peux rien mais c’est comme ça. »
8 Dans un courrier de Mgr Tissier de Mallerais, daté du 12 août 1998, destiné aux religieux d’Avrillé, concernant la possibilité pour cet évêque, sacré dans le nouveau rite, de confirmer ou d’ordonner au sein de la FSSPX, nous lisons :

« Cher Père, Merci de m’avoir envoyé copie de la plaquette du Dr. Rama Cosmaraswany « Le drame anglican ». L’ayant lu rapidement, j’en conclus à un doute sur la validité des sacres épiscopaux conférés selon le rite de Paul VI. Le « spiritum principalem » de la forme introduite par Paul VI n’est pas suffisamment clair en lui-même et les rites accessoires ne précisent pas sa signification dans un sens catholique. Pour ce qui regarde Monseigneur Lazo, il nous serait difficile de lui expliquer ces choses ; la seule solution est de ne pas lui demander de confirmer ni d’ordonner. Votre bien dévoué en Notre-Seigneur Jésus-Christ. † Bernard Tissier de Mallerais »

P.S. Dernière minute, Mgr Lazo a déjà confirmé « pas mal » chez nous ! c’est évidemment valide par la suppléance de l’Église (can. 209), puisqu’un simple prêtre confirme validement avec juridiction. Et on ne voit pas comment faire observer notre doute à Mgr Lazo. Donc silence et discrétion sur ce thème, S.V.P. ! »  (Extrait de RORE‐SANCTIFICA Tome I, pp.19‐20, Août 2005)

9 « Tous les adeptes des positions énumérées professent la foi dans le dogme catholique de l’indéfectibilité de l’Église, et c’est même au nom de celui-ci qu’ils entendent justifier, d’une manière ou d’une autre, leur manière d’agir dans le contexte extraordinaire précité. » (Courrier de Rome n°674 d’avril 2024)
10 Entretien exclusif de Mgr Tissier de Mallerais pour La Porte Latine, le 15 mars 2016 (https://laportelatine.org/actualite/entretien-exclusif-de-mgr-tissier-de-mallerais-pour-la-porte-latine-25-mars-2016)
11 Cette décision des sacres épiscopaux contre la volonté formelle du pape est même plus loin interprétée comme un signe de sainteté de Mgr Lefebvre par l’actuel supérieur général de la FSSPX : « Ici, nous ne pouvons pas ne pas consacrer un mot à ce choix, à cette décision que Mgr Lefebvre a prise il y a plus de trente ans, en 1988, au moment le plus crucial de l’histoire de la Fraternité Saint-Pie X. On n’arrive pas à expliquer humainement – avec l’expérience, la sagesse de vie, la culture, la connaissance des hommes –, on ne peut expliquer la sagesse de la décision qu’il a prise en 1988. Cela ne suffit pas. Cest un signe infaillible de sainteté, cette capacité à être mû par le Saint-Esprit, à voir les choses clairement, alors que beaucoup d’autres interprétations pouvaient être encore concevables, auraient pu être prises en considération. » (https://laportelatine.org/formation/crise-eglise/garder-la-tradition-et-la-transmettre)
12 Cf Transcription intégrale de la conférence donnée par Don Davide Pagliarani, supérieur général de la Fraternité Saint-Pie X, au terme du XVIe congrès de théologie du Courrier de Rome, le 15 janvier 2022. (https://laportelatine.org/formation/crise-eglise/garder-la-tradition-et-la-transmettre)
13 Notons que la FSSPX a, de la même manière, justifié trois ans plus tard le sacre de Mgr Rangel par trois de ses quatre évêques, sans aucun mandat pontifical. (cf Déclaration des quatre éques catholiques au sujet dun sacre épiscopal à Campos Ecône, 27 juin 1991 en ligne sur : https://laportelatine.org/formation/crise-eglise/rapports-rome-fsspx/declaration-des-quatre-eveques-catholiques-au-sujet-dun-sacre-episcopal-a-campos-econe-27-juin-1991)
14 « Fanatisme de ceux qui, pour mesurer toute la gravité des erreurs introduites dans la prédication et la pastorale des hommes d’Église, à l’occasion du concile Vatican II, méconnaissent cette circonstance dexception où ce sont précisément les titulaires de l’autorité qui se font les fauteurs de ces hérésies… » (Courrier de Rome n°674 d’avril 2024)
15 L’abbé Gleize a tenté dans des numéros précédents du Courrier de Rome de justifier la possibilité de sacrer catholiquement un évêque (sans lui donner de juridiction) contre la volonté du pape en usant d’une distinction nouvelle et tout à fait personnelle entre impossibilité théologique et impossibilité morale de sacrer. (Cf numéro 19 de l’article « Pie XII
et l’Episcopat » dans le Courrier de Rome no 655)
Selon lui, il n’y a pas d’impossibilité théologique à sacrer contre la volonté du pape mais seulement une nécessité morale à avoir son accord. A cette nécessité, correspond, dans sa logique, une simple impossibilité morale de sacrer un évêque (sans lui donner de juridiction) contre la volonté du pape, mais cette impossibilité, reconnue pourtant de droit divin par notre confrère, serait selon lui relative aux circonstances (bonté du pape du moment…), ce qui paraît pour le moins contradictoire.
Nous noterons qu’à l’appui d’une telle distinction et d’une telle conclusion aucun acte du magistère, ni aucun théologien catholique reconnu n’est cité.
L’abbé Gleize préfère répéter à l’envi que les sacres de Mgr Lefebvre ne sont pas schismatiques, car il n’a pas donné aux évêques de juridiction mais simplement le pouvoir d’ordre.
16 À ce sujet, quelques rappels élémentaires figurent dans notre article « L’Église peut-elle changer de doctrine ? » concluant de la sorte : « Plutôt qu’un choix entre rupture et continuité, c’est donc une ligne de crête profondément catholique et donc traditionnelle qu’il faut choisir au milieu des remous du monde actuel et des crises qui traversent l’Église. Cette ligne n’est rien d’autre que la fidélité simple et constante à la doctrine catholique, c’est-à-dire enracinée authentiquement dans le dépôt révélé, transmise comme telle, au long des siècles par le magistère infaillible ou constant de l’Église. » (cf https://claves.org/leglise-peut-elle-changer-de-doctrine/)
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