Après avoir retracé les grandes étapes de l’histoire du catholicisme en Chine, Yves Chiron, auteur de La longue marche des catholiques de Chine, entreprend la difficile tâche de dessiner l’état contemporain de l’Église dans l’Empire du Milieu.
1949 : l’avènement d’un régime hostile
Pour comprendre les enjeux actuels, il est nécessaire de remonter aux lendemains de la Seconde Guerre Mondiale. Après la victoire sur le Japon, la guerre civile entre nationalistes et communistes reprend rapidement, au bénéfice de ces derniers, dont l’avancée contraint le gouvernement (et l’archevêque de Pékin) à se replier vers le sud, jusqu’au 1er octobre 1949, date de la proclamation par Mao Tsé-toung de la République Populaire de Chine. Ce nouveau régime aura constamment une attitude hostile (à divers degrés) à l’Église catholique, que l’auteur propose d’expliquer par deux éléments : l’idéologie communiste d’une part, mais aussi la volonté d’indépendance de la Chine dans le contexte international de la guerre froide.
En pratique, tous les Européens et Nord-Américains sont considérés comme espions (une situation encore aggravée par la guerre de Corée dans les années suivantes) : les évêques étrangers et missionnaires sont expulsés, l’État communiste met la main sur les institutions religieuses (universités, collèges, écoles, hôpitaux, orphelinats…) et persécute ouvertement les catholiques. Les trappistes de l’abbaye Notre-Dame de la Consolation (fondation de l’abbaye normande de Bricquebec) sont durement frappés (33 moines meurent martyrs en 1947 et 1948) pendant la guerre, tandis que la répression se déchaîne après 1950 sur la Légion de Marie.
Le régime théorise bientôt sa ligne de conduite religieuse avec la doctrine des « trois autonomies ». Née dans les communautés protestantes chinoises dans les années 1920 et reprise par les communistes, ce mouvement prétend défendre sous couvert de patriotisme une triple autonomie de gouvernement, de financement et de prédication des religions étrangères. Dès 1951 est créé un Bureau des Affaires Religieuses, destiné à centraliser la gestion de toutes les communautés.
Vers un schisme chinois ?
Malgré des « ralliements » savamment orchestrés par le gouvernement, les évêques et le clergé chinois réagissent dans l’ensemble en réaffirmant leur fidélité au Saint-Siège. La campagne s’accentue rapidement avec l’expulsion du nonce et la fondation dans tous les diocèses de comités catholiques de réforme. Les chrétientés de Shanghai et de Canton résistent en particulier, sous l’impulsion d’évêques énergiques et courageux. Pie XII apporte rapidement son soutien à l’Église de Chine avec une première lettre au clergé et aux fidèles en 1952, puis l’encyclique Ad sinarum gentes de 1954, transmise discrètement aux évêques et publiée ensuite officiellement. Il y réfute la doctrine des autonomies de gouvernement (comme contraire à la constitution divine de l’Église), de financement (contraire au précepte de la charité) et de prédication (contraire à l’unité doctrinale). Pour le pape, une Église nationale ne serait plus catholique.
La persécution continue cependant et le contrôle des religions s’organise, avec la création d’associations patriotiques pour chaque confession : en 1957 naît l’Association Patriotique Catholique Chinoise (APCC), à laquelle le gouvernement demande à tous les évêques, prêtres et responsables de communauté d’adhérer, sous peine d’être démis, emprisonnés, envoyés en camp.
Les évêques et leur clergé refusent en majorité de rejoindre l’association, entraînant notamment la fermeture de tous les séminaires, qui ne seront rouverts qu’en 1982.
À partir de 1958, l’APCC va même procéder à des nominations épiscopales pour remplacer les évêques exilés ou emprisonnés, selon une procédure d’élection supposément démocratique. Les deux premières consécrations ont lieu le 13 avril 1958, mais le Saint-Siège refuse de les approuver et notifie l’excommunication latae sententiae. Une nouvelle encyclique de Pie XII, Ad apostolorum principis, condamne cet acte grave d’insoumission.
La surveillance étroite continuera dans les années suivantes : aucun évêque vivant en Chine ne put participer au Concile Vatican II, la plupart n’étant pas même au courant de sa réunion, emprisonnés ou détenus en camp de rééducation. Ils n’eurent pour certains connaissance des décrets et textes conciliaires que dans les années 1980, y compris en ce qui concerne les réformes liturgiques initiées par la constitution Sacrosanctum Concilium.
Face à la révolution culturelle
La persécution n’avait cependant pas encore atteint son apogée, qui intervient avec la « révolution culturelle », initiée par Mao Tsé-toung et son épouse Jiang Qing en 1966 pour supprimer des tendances rivales qui émergeaient au sein du Parti Communiste (PCC). La révolution veut détruire les superstructures pour purifier et consolider le système socialiste. Une grande alliance est créée entre certains cadres du parti, de l’armée, et les « masses ». Une milice est rapidement créée avec les gardes rouges, qui ont pour mission de détruire pour refonder, et veulent mettre fin aux « quatre vieilleries » : les vieilles idées, la vieille culture, les vieilles coutumes et les vieilles habitudes, dont la religion fait bien sûr partie. Outre les universitaires, artistes et autres intellectuels, brimés et souvent envoyés à l’usine ou aux champs, les chrétiens sont particulièrement ciblés, sous les slogans « à bas les religions étrangères » ou « à bas la croyance en Jésus ». Tous les lieux de culte sont fermés, beaucoup de prêtres sont emprisonnés ou déportés, voire exécutés, d’autres entrent en clandestinité, les dernières communautés religieuses sont dispersées.
Face à ce déchaînement, la position du Saint-Siège semble moins nette. Dans un message de 1967, Paul VI qualifie la révolution en cours de « phase historique de transformation » que l’Église « est en mesure de comprendre et de favoriser ». Il répète vouloir reprendre les contacts avec le régime chinois et adresse même un message aux gardes rouges dont il parle de l’« aspiration vers des idéaux de vie nouvelle, laborieuse et prospère, dans la concorde. » Yves Chiron remet ces paroles dans le contexte d’années où l’idéologie communiste exerça une réelle fascination sur certains dans l’Église, citant plusieurs professeurs de théologie européens (à Louvain notamment) qui exaltaient alors le maoïsme et la révolution culturelle. On retrouvera ces incompréhensions manifestes avec les visites de prélats au moment de la relative réouverture du pays, à partir de 1978. Le cardinal français Roger Etchegaray notamment se rend plusieurs fois en Chine et revient de ses visites (sous contrôle étroit du régime) avec une image très positive et orientée du pays. Ses voyages le placent souvent en situation délicate, lorsqu’on lui impose de rencontrer et de siéger aux côtés d’évêques officiels (donc excommuniés).
Après 1976 : ouverture et fermeture
Après la mort de Mao (1976), le régime — repris en main par Deng Xiaoping, qui avait justement été écarté par la révolution culturelle — amorce un programme de réforme économique et d’ouverture contrôlée, désireux notamment de conserver une réelle mainmise sur les religions. Il s’agit d’une modernisation mais pas d’une démocratisation : la nouvelle constitution de 1978 mentionne la liberté de religion, mais aussi la liberté de ne pas avoir de religion et même de propager l’athéisme (sic). Les églises ne rouvrent que très progressivement, le Bureau des Affaires Religieuses est ressuscité, de même que l’APCC, qui retrouve ses prérogatives. Un message assez clair est envoyé avec la consécration en 1979 d’une nouvelle série d’évêques nommés par le gouvernement. En 1980, l’APCC préside à la création d’une conférence épiscopale, évidemment sans accord et contre la volonté du Saint-Siège.
C’est dans ce contexte que le pape Jean-Paul II accède au pontificat : connaissant de l’intérieur les sociétés communistes, il sait leur totale incompatibilité avec le christianisme et la foi ; il était cependant peu et mal informé sur la situation exacte de l’Église en Chine. Le cardinal Casaroli, secrétaire d’État de Paul VI, était quant à lui dans une optique différente : comme en Europe de l’Est, il souhaitait bâtir des ponts et entrer en dialogue avec le régime. Tout en n’y étant pas foncièrement opposé, Jean-Paul II ne veut pas abandonner l’Église fidèle, et continue de nommer des évêques sans consulter Pékin, s’attirant les foudres du gouvernement.
Cette époque est aussi celle où certains évêques légitimes, entrés en clandestinité depuis les années 1950, commencèrent même à consacrer des candidats pour leur succéder, sans avoir pu obtenir l’accord de Rome, pour éviter que prêtres et fidèles ne se retrouvent soumis à l’APCC. Ils firent parvenir une lettre au pape, qui leur fit savoir (notamment par le biais d’une image pieuse discrètement transmise, au dos de laquelle figuraient quelques mots conférant explicitement le mandat pontifical) que ces consécrations étaient licites aussi longtemps que s’imposeraient de graves raisons, et si les candidats étaient idoines.
À partir de 1984-1985, un nouveau mouvement de rapprochement s’amorça entre les membres du clergé et de la hiérarchie en exil et les « officiels » (mais pas encore avec les clandestins). Le Saint-Siège demanda aux prélats expulsés en 1949-51 de renoncer à leur siège, pour permettre de nouvelles nominations, et essaya de nommer des évêques sur la base d’accords avec le gouvernement, ou en réconciliant un évêque sacré sans mandat. Cette ouverture relative est visible sur place par la réouverture (très progressive) de certains séminaires et la tolérance de contacts avec le clergé de l’extérieur du pays (notamment de Hong-Kong). Le gouvernement accorde également quelques autorisations (au compte-goutte) pour des voyages ou réceptions officiels (l’évêque de Hong-Kong, Mgr Wu, ou encore Mère Teresa, se rendent sur place en 1985). Pour le P. Charbonnier, MEP, grand connaisseur de la situation chinoise, la politique religieuse du régime est semblable à celle de l’Empire au XIXe siècle : le shou-fang (retenir et relâcher), une alternance de tolérance et de restrictions, pour laisser le vis-à-vis dans la dépendance et l’incertitude.
Ainsi, en 1989 (année de la terrible répression des étudiants de Tian An Men) la police intervient manu militari dans le Hebei contre des catholiques qui avaient installé une église provisoire pour la Semaine Sainte et désiraient en pérenniser l’installation dans leur village.
Les négociations se poursuivent cependant, à l’initiative du Saint-Siège, qui crée en 1989 une « mission d’études » spéciale, avec un représentant discrètement installé à Hong-Kong.
Les années 1990 sont marquées par un mouvement important d’évêques « officiels » demandant leur légitimation et la régularisation de leur situation canonique. Les consécrations illégitimes se poursuivent pourtant jusqu’au début des années 2010, mais il semble qu’un nombre croissant de candidats pressentis par le régime refusent leur nomination : 12 auraient probablement dû être consacrés en 2000 (un symbole, l’année du jubilé), mais seulement 5 acceptent effectivement la charge.
L’année 2000 est marquée par un incident diplomatique relativement important. Jean-Paul II avait décidé de canoniser 120 martyrs de Chine, dont 87 Chinois. Cette annonce provoqua la colère des autorités de Pékin pour deux raisons : parce que certains des martyrs, victimes de la révolte anti-européenne des Boxers (1899-1900), étaient considérés comme des « criminels » et « traîtres » inféodés à l’impérialisme, et surtout parce que la date (1er octobre, fête de sainte Thérèse de Lisieux, patronne des missions, dans le calendrier liturgique réformé) coïncidait avec la fête nationale de la République Populaire de Chine. Le gouvernement considéra l’événement comme une insulte et une provocation, et le cardinal Etchegaray fit l’objet en septembre 2000 de vifs reproches, à l’occasion d’une nouvelle visite en Chine.
Malgré cet épisode, les tentatives discrètes de renouer le dialogue continuèrent, et le Saint-Siège parvint au cas par cas à réconcilier de plus en plus d’évêques « officiels » : en 2004, les deux tiers d’entre eux étaient reconnus par Rome.
Benoît XVI et la lettre à l’Église de Chine
À l’occasion de l’élection de Benoît XVI en 2005, le gouvernement de Pékin rappela ses conditions pour une reprise des négociations : la rupture des « soi-disant relations diplomatiques » avec Taïwan et la promesse de non-ingérence dans les affaires intérieures de la Chine. Le double mouvement de retour à la communion (d’évêques « officiels ») et de nomination consensuelle de nouveaux candidats se poursuivit cependant, mais de nouvelles consécrations eurent lieu en 2006 sans mandat pontifical, et les évêques chinois ne furent pas autorisés à se rendre à Rome pour participer au synode sur l’eucharistie.
Face à la complexité de la situation, Benoît XVI décida d’entreprendre la rédaction d’une grande lettre dédiée à l’Église de Chine. Il réunit pour cela une commission d’une vingtaine de personnes qui se réunit plusieurs fois. Datée du 27 mai 2007, la lettre de Benoît XVI à l’Église de Chine avait été envoyée au préalable aux autorités de Pékin, qui avaient demandé qu’elle ne soit pas publiée et essayèrent d’entraver sa diffusion (sur internet notamment). Le pape y insiste sur l’unité dans l’Église, impossible si des organismes nationaux sont placés au-dessus des évêques. Quant à la situation interne du catholicisme dans le pays, il y distingue quatre cas : les évêques officiels réconciliés — mais parfois sans que le clergé ou les fidèles en soient informés —, les évêques ordonnés validement mais sans mandat légitimé, les évêques nommés conjointement et les évêques consacrés clandestinement. Il y demande officiellement que cessent ces ordinations d’exception et annonce en révoquer la faculté concédée par ses prédécesseurs. Les consécrations clandestines ne cesseront pourtant totalement qu’en 2014 : en tout 99 évêques auront été ainsi ordonnés depuis les années 1980.
Une commission dédiée à la Chine est créée en septembre 2007 sur les conseils du Cardinal Zen, évêque de Hong-Kong, qui travaille à rédiger un Compendium de la Lettre, étudie les problèmes en cours et travaille à un accord. Deux conceptions différentes s’y confrontent : certains cherchent l’unité par la réconciliation des prêtres, évêques et fidèles, tandis que d’autres espèrent une unification par un accord avec les autorités. Le cardinal Zen se positionne nettement parmi les premiers, considérant comme illusoire de parier sur la bonne volonté du gouvernement, qui cherche toujours à conserver un contrôle maximum.
L’accord de 2018 et ses suites
De nouvelles consécrations sans mandat ont d’ailleurs lieu en 2011 et 2012, année où l’évêque auxiliaire de Shanghai (Thaddeus Ma Daqin), nommé conjointement entre Rome et Pékin, décide d’abandonner ses fonctions à l’APCC et est immédiatement arrêté et assigné à résidence (il n’a pas retrouvé sa liberté de mouvement depuis lors).
Élu en 2013, le pape François, jésuite, dit à plusieurs reprises être passionné par la Chine, mais n’a pas de connaissance précise de la situation de l’Église locale, ni d’expérience de la diplomatie pontificale : il s’appuie sur le Cardinal Parolin, nommé secrétaire d’État, qui s’inscrit dans une diplomatie de dialogue (ligne « casaroliste »). Il choisit de ne plus réunir la commission créée sous Benoît XVI et cherche à nouer des contacts directs. Une commission mixte est créée en 2014, où siègent plusieurs prélats connaisseurs du dossier (Mgr Camilleri, Mgr Celli, Mgr Graziosi), face au vice-ministre des Affaires Étrangères chargé des relations avec l’Europe, Wang Chao.
Alors que les négociations se poursuivent, la persécution se poursuit et se manifeste dans une campagne de destruction de croix et même d’églises, qui s’ajoutent aux arrestations et entraves qui n’avaient jamais cessé. Cette campagne se déploie systématiquement à partir de 2013 à Wenzhou et dans tout le Zhejiang, contre des églises protestantes particulièrement florissantes, mais aussi contre de nombreux lieux de culte catholiques. Les démantèlements et destructions s’étendent dans d’autres provinces, notamment le Hebei, à forte population catholique. En tout plus de 1200 croix ont été abattues, et plusieurs dizaines d’églises rasées.
Les travaux de la commission se poursuivent cependant, discutant en particulier autour du cas de deux diocèses dans lesquels coexistaient encore deux évêques (clandestin et officiel). Le Saint-Siège fit demander aux évêques clandestins de renoncer à leur siège, mais ils refusèrent, scandalisés, soutenus en cela par le cardinal Zen.
Un accord provisoire fut cependant annoncé le 22 septembre 2018, ne portant que sur le sujet de la nomination des évêques : son texte, signé par Mgr Camilleri et le vice-ministre Wang Chao, n’a pas été publié à ce jour. Il devrait comprendre la reconnaissance de pleine communion de sept évêques officiels ordonnés sans mandat, l’érection d’un nouveau diocèse à Chengde, et l’adoption d’une nouvelle procédure de nomination des évêques, l’initiative de la présentation des candidats étant laissée à Pékin, mais la nomination examinée et validée par Rome.
Cet accord et cette procédure ayant suscité controverses et inquiétudes (formulées notamment par le cardinal Zen), le pape publia le 26 septembre 2018 un Message aux catholiques chinois et à l’Église universelle, dans lequel il insiste sur la collaboration avec les autorités, la nécessité de poursuivre les négociations, et laisse entendre que les fidèles seraient consultés sur les candidatures à poser. D’après le cardinal Zen, évêque émérite de Hong-Kong, avec lequel l’auteur a pu s’entretenir, cet accord est l’œuvre du cardinal Parolin, aux conceptions « mondialistes », auquel le pape aurait donné sa confiance. Il s’agit pour lui d’un « mauvais accord », qui remet le choix des pasteurs à un régime qui entend avant tout contrôler l’Église et la faire servir ses propres intérêts. Il regrette par ailleurs la reconnaissance par Rome d’évêques « officiels » déconsidérés et aux mœurs dissolues. Il s’agit pour lui d’une « grande aide apportée au gouvernement chinois ». Selon lui, l’accueil réservé à cette annonce par les catholiques de Chine est mitigé, les clandestins se demandant ce qu’ils vont devenir. L’auteur fait toutefois valoir la relative urgence de cet accord, au regard du nombre croissant de sièges épiscopaux (officiels et clandestins) demeurés vacants durant de longues années.
Les suites de l’accord n’ont cependant pas été marquées par une réelle inflexion dans la politique du régime, qui continue d’exercer restrictions et persécutions à l’endroit des communautés (en partie clandestines), qui entend obliger (depuis septembre 2018) tous les prêtres à s’enregistrer et à s’affilier à l’APCC, sous peine d’être assignés à résidence. La même année a vu le président Xi Jinping lancer un nouveau mot d’ordre idéologique de « sinisation » de l’Église et des religions du pays. Il demande « cinq entrées et cinq transformations », concernant notamment les styles architecturaux ou encore l’enseignement religieux qui doivent être « sinisés ». L’APCC a répercuté le mot d’ordre en lançant même un plan quinquennal de sinisation, intégrant la théologie, la liturgie, l’architecture, la décoration, la musique, les chants…
Conclusion
Grâce à la profondeur du tableau dressé par Yves Chiron, en remontant aux différentes périodes de l’histoire des catholiques de Chine, et en particulier aux très difficiles décennies qui ont suivi la victoire communiste et l’établissement de la République Populaire de Chine, on comprend la complexité de la situation de l’Église dans l’Empire du Milieu. En prenant connaissance des rebondissements et des principales péripéties qui ont ébranlé les catholiques chinois, on ne peut se satisfaire d’une conception simpliste d’une Église partagée entre des fidèles « officiels » inféodés au régime et des fidèles « clandestins » persécutés, entre un clergé résistant et un clergé collaborateur. On doit en revanche certainement concevoir un respect infini pour nos frères chrétiens de Chine, et prendre pour résolution de les porter fidèlement dans nos prières.
