Marc Ozilou, docteur en philosophie et spécialisé dans la pensée médiévale, publie Le chemin du soleil, une biographie de saint Bonaventure.
Les origines : Bagnoregio, la rencontre avec les frères mineurs (1221-1235)
Jean Fidanza naît vers 1221 à Bagnoregio, en Étrurie, aux confins de la Toscane, de l’Ombrie et du Latium. La ville, alors florissante et intégrée aux États pontificaux dans le district de Viterbe, accueille très tôt une communauté franciscaine qui joue un rôle décisif dans la formation du futur docteur. C’est au contact de ces premiers frères mineurs que le jeune Jean, dès l’âge de cinq ans, apprend les rudiments du latin. Un frère du nom d’Hubert lui enseigne des chants, notamment le Cantique des Créatures de François d’Assise. À leur école, l’enfant comprend ce qui est au coeur du message de l’évangile, mais que le monde médiéval semblait parfois occulter : le signe de la puissance doit laisser la place au signe de l’amour.
Le contexte historique est en effet celui d’un vaste changement de monde : la féodalité se fragilise sous la montée de la bourgeoisie, qui instaure des structures plus horizontales. C’est précisément dans ce cadre que naît la fraternité franciscaine. François d’Assise, rassemblant à partir de 1208 des compagnons désireux de vivre l’Évangile, choisit la pauvreté et l’humilité pour manifester l’amour et imiter le Fils de Dieu venu s’associer à la vie des hommes. Cette intuition fondatrice imprégnera toute la pensée de Jean Fidanza.
Son père est maître à la faculté de médecine, il appartient à l’élite intellectuelle de son temps. De lui, Jean apprend un vrai réalisme et le privilège de la pratique sur la théorie. On raconte que ses parents avaient vu François lui-même, de passage dans la cité et avaient été émerveillés de son rayonnement. Une tradition (qui semble apocryphe) rapporte que François lui-même se serait écrié en voyant l’enfant : « O buona ventura » ; en réalité le surnom de « Bonaventure » viendrait plus probablement de sa famille et était courant au Moyen Âge, pour différencier des personnes portant le même prénom.
Vers l’âge de douze ans, Jean tombe gravement malade. Même la médecine de son père ne peut rien, mais sa mère prie François (alors décédé) pour lui, et l’enfant recouvre la santé — expérience fondatrice de l’efficacité de la prière, plus grande que la science humaine. Une certaine faiblesse physique ne le quittera cependant pas, lui interdisant par la suite les mortifications trop rigoureuses.
Paris : l’itinéraire du savoir (1235–1243)
En 1235, le jeune Jean quitte Bagnoregio pour Paris, accompagné d’un ami de son père, maître Bartolomeo, médecin comme lui, venu enseigner dans la capitale du roi de France. Le voyage lui-même est déjà une école : remontée fluviale puis pédestre par Marseille, Arles, Lyon, Châlons-sur-Marne, avec des arrêts significatifs à la Cordelle de Vézelay — fondée en 1217 par des frères envoyés par François — où il entend des témoignages établissant le lien entre François et la Croix, entre François et le Christ. Ce voyage est, pour Jean, une sorte d’Exode spirituel : un passage du monde au Père.
Paris est alors au sommet du monde intellectuel, ville du savoir comme jadis Athènes et Rome. Jean s’installe chez maître Bartolomeo rue Galande, près de la place Maubert, et entreprend huit années d’études à la faculté des Arts — période décisive pour son orientation vers la théologie et son choix de vie franciscaine. Ses échanges avec son compagnon de voyage l’ont déjà introduit aux questions fondamentales : il dira plus tard que la théologie « nous enseigne à devenir bons », qu’elle « nous enseigne à devenir bienheureux », et que sans la préoccupation de la fin dernière, les autres savoirs deviennent fous et vains.
Sur les « bancs » de la faculté, Marc Ozilou imagine que Bonaventure rencontre Patrice, bachelier picard, fils de paysan, adepte d’une théologie sententiaire et futur chartreux, amoureux du silence et de l’étude. Avec lui, il explore la question de la contemplation : « une âme sans désir ne peut rien connaître de la contemplation. » Toute connaissance part du monde : « tout ce qui est connu est connu par quelque chose de présent » — mais les sciences acquises ne suffisent pas à rendre l’homme contemplatif. On vient à la contemplation de Dieu par Dieu lui-même.
C’est aussi à Paris que Bonaventure forge sa critique de la prétention philosophique à l’autonomie. Il identifie deux dangers symétriques dans les savoirs de son temps : celui de s’arrêter en chemin — la philosophie ne réalise pas ses promesses et le philosophe doit reconnaître son impuissance à atteindre son désir le plus profond, la contemplation — et celui de s’étendre trop loin, au risque d’aboutir non dans la maison de l’Écriture mais dans le labyrinthe de Dédale, sans issue. On est en effet à l’époque où les débats autour de l’aristotélisme radical agitent l’Université de Paris : bientôt l’évêque devra condamner l’opinion selon laquelle l’esprit humain pourrait atteindre une « double vérité » (celle atteinte par la raison étant totalement indépendante de celle atteinte par la foi). Bonaventure perçoit avec une acuité prophétique que cet échec conduira la pensée à une double mort au XIVe siècle : celle de l’âme et celle de Dieu. Sa méthode sera dès lors de toujours identifier un problème dans une sphère inférieure pour le résoudre dans une sphère supérieure.
La seule science enseignée à la faculté des Arts qui échappe selon lui à ce double écueil est la philosophie morale : elle ne s’arrête pas en chemin, répond aux exigences de la vie humaine, et ne risque jamais d’aller trop loin — car il n’y a pas de terme à la vertu, pourvu que celle-ci dirige son intention vers Dieu comme source. En 1241, après six années d’études, Jean obtient le baccalauréat ès arts. Ces études longues et ardues (beaucoup d’étudiants s’arrêtaient en chemin) n’étaient pourtant qu’une première étape, et notre « bachelier » décide de poursuivre en théologie…
L’entrée dans l’ordre et la formation théologique : l’itinéraire vers Dieu (1243–1257)
C’est en 1243 que Jean Fidanza entre chez les Frères mineurs, installés à Paris depuis 1230 sur un terrain concédé par l’abbaye de Saint-Germain grâce à l’entremise du roi saint Louis. L’ordre venait d’y connaître un événement décisif : en 1236, le célèbre théologien Alexandre de Halès, originaire d’Angleterre, l’un des maîtres de l’Université, avait rejoint les franciscains, apportant sa bibliothèque et transférant sa chaire dans le couvent.
La vocation de Bonaventure n’a pas été immédiate : il le reconnaîtra lui-même dans une lettre des années 1250, dans laquelle il expose les raisons de son entrée en établissant un parallèle entre le développement de l’Église et celui de l’ordre fondé par François, reconnaissant la réalité du Christ à l’œuvre parmi les frères. Il détaille les grandes lignes de son appel en articulant six critères de la vocation de prédicateur : vivre selon l’Évangile pour l’annoncer, mener une vie si évangélique qu’elle permette le renouveau de la prédication apostolique, prêcher le Royaume de Dieu et sa proximité, observer l’Évangile du Christ, saisir la prédication comme instance au service de la révélation, et se reconnaître « prédicateur de la Croix du Christ ».
Il fait son noviciat en même temps qu’il commence ses études de théologie, et est ordonné prêtre vers 1244-1245. Il dut connaître à l’Université la direction de quatre maîtres de grand renom — Alexandre de Halès, Jean de la Rochelle, Eudes Rigaud et Guillaume de Méliton — auprès desquels il suit un cursus exigeant. Sous la régence d’Eudes Rigaud, il devient bachelier biblique, commentant l’Ecclésiaste, l’Évangile de saint Luc, puis les quatre livres des Sentences de Pierre Lombard, et encore saint Jean. Sa thèse d’habilitation porte sur des questions disputées concernant la science du Christ.
Pour Bonaventure, la théologie est « une science fondée sur la foi et révélée par l’Esprit Saint, qui traite la réalité de la grâce, de la gloire et de la Sagesse éternelle », « qui élève l’âme à la contemplation. » Cette contemplation mène elle-même à la prédication, car « nul ne peut parvenir à la plénitude de la divine sagesse sans avoir l’envie de l’enseigner. » C’est ainsi qu’il envisage la vocation des Frères mineurs et la sienne propre, et qu’il la met en oeuvre, en commençant à son tour à enseigner et à prêcher.
La figure de François occupe une place croissante dans sa pensée. Dès 1254, il comparait donc les débuts de l’ordre et de François aux débuts de l’Église primitive. En 1255, il mentionne en outre les stigmates comme accomplissement de la ressemblance au Christ. Sa théologie de la vocation développe un double niveau : l’appel intérieur, qui est le rapport intime de l’âme à Dieu, et l’engagement public dans un ordre reconnu par l’Église ; en bon disciple de François, la pauvreté est pour lui le conseil principal, « le principe fondamental, le fondement de toutes les vertus et de l’édifice spirituel. » Il adjoint la chasteté à la pauvreté comme abandon d’un bien temporel — d’abord dans l’esprit et le cœur, rejaillissant sur le corps — et le vœu d’obéissance comme remise de la volonté par amour pour Dieu. Il observe que l’âme religieuse se tourne ainsi vers le Père par l’humilité, vers le Fils par la chasteté, vers l’Esprit Saint par la pauvreté, remplaçant la marque du péché par celle de la Trinité. Cette fascination par la figure de son fondateur continuera à orienter le ministère, l’enseignement et la vie de Bonaventure, et nous livre sans doute un éclairage particulièrement touchant sur sa personnalité : lui qui réussira brillamment les études les plus longues et ardues, qui sera rapidement ordonné prêtre, nommé maître en théologie, élu général de son ordre puis consacré évêque, créé cardinal et appelé à conseiller le pape… restera un fidèle, fervent et humble disciple du « pauvre d’Assise », qui n’accéda pas lui-même au sacerdoce.
Une fois terminée la (longue) période de ses études, il enseigne donc comme maître régent au couvent franciscain jusqu’en 1257. Malgré l’opposition farouche et même violente de l’Université (c’est la grande querelle des séculiers et religieux, qui agitera la seconde moitié du XIIIème siècle à Paris), il est reconnu maître en théologie en 1256 par Rome, le même jour que saint Thomas d’Aquin, lui aussi titulaire d’une chaire en Sorbonne.
Le ministère général et l’Alverne (1257–1273)
En 1257, le Chapitre général de l’ordre franciscain — qui compte alors plus de trente mille frères — désigne Bonaventure comme Ministre général. La tâche est immense : trois de ses prédécesseurs avaient dû démissionner (Jean de Parenti en 1232, Crescent de Jesi en 1247, Jean de Parme en 1257) et un autre avait été déposé (Élie de Crotone en 1239). Parmi ses six prédécesseurs, un seul (Aymon de Faversham) semble avoir fait peu ou prou l’unanimité : les tensions internes à l’ordre sont considérables.
Bonaventure parcourt l’Europe comme prédicateur et administrateur — Angleterre, Flandres, Allemagne, Espagne, Italie — tenant des chapitres tous les trois ans, ramenant la paix, défendant l’ordre contre les attaques des séculiers, corrigeant les récalcitrants. Il rédige notamment de nouvelles constitutions pour les franciscains qui resteront en vigueur sept siècles. Son caractère conciliant — concilier par la sagesse et la confiance, ramener à la centralité et à la paix — est à la fois son génie propre et sa croix.
Car les attaques extérieures sont violentes. Dans les années 1250, les maîtres séculiers de Paris, Guillaume de Saint-Amour en tête, s’en prennent avec violence (même physique) aux mendiants. La polémique reprend dans les années 1260 avec Gérard d’Abbeville, à qui Bonaventure répond par son Apologie des pauvres contre les calomniateurs. En 1273, il formule avec netteté sa riposte : critiquer la vie religieuse mendiante revient à critiquer le Christ lui-même. Il ajoute que dans la vie morale, le milieu n’est pas la médiocrité mais un sommet, un extrême.
En 1259, il se retire sur le mont Alverne pour une retraite solitaire. Comme le Sinaï dans l’Ancien Testament ou le Thabor dans le Nouveau, l’Alverne est la montagne fondatrice des frères mineurs, le lieu des dernières retraites de François, l’endroit où il aurait reçu l’impression des stigmates. C’est pour Bonaventure une expérience fondatrice : il découvre que François n’est pas seulement le fondateur de son ordre mais communique quelque chose de la paix du Ressuscité — il n’est pas le passé de l’ordre mais son avenir. Il comprend alors que François a traduit la parole du Sermon sur la Montagne dans sa propre vie : il est un Évangile sans glose. La Croix s’incarne (même physiquement) en François comme le lieu de révélation de la sagesse et des mystères de Dieu. De la retraite sur l’Alverne naît l’Itinéraire de l’esprit vers Dieu, qui présente François pour modèle et donne l’itinéraire pour le suivre dans son extase.
La production littéraire de ces années est considérable : sur insistance du Chapitre de 1260, il rédige une Vie de saint François — la Légende majeure — publiée en 1263, ainsi appelée car elle était prescrite à la lecture annuelle dans tous les couvents. Le Chapitre de 1266 demande même la destruction des biographies antérieures. Il rédige également le Livre de la vie parfaite pour les Clarisses, la Règle des novices pour introduire à la méditation et à la vie religieuse, l’Arbre de vie — ouvrage de méditation sur l’Évangile montrant ses fruits dans l’âme —, les Sermons dominicaux (1268) sur toute l’année liturgique, le Breviloquium (sorte de manuel abrégé) pour faciliter le travail des étudiants en théologie, le Soliloque et la Triple voie pour introduire à la vie spirituelle.
Dans la Légende majeure de 1263, il compare François à l’ange du sixième sceau de l’Apocalypse, qui monte du lever du soleil et désigne l’avenir. Il le compare encore à saint Jean-Baptiste : héraut de la foi, révélation du Seigneur. Les stigmates y sont interprétés comme une confirmation divine de la pauvreté franciscaine, entendue comme humilité et simplicité, et comme le signe de victoire — in hoc signo vinces.
Les conférences de 1273 et la vision de l’histoire
Un an avant sa mort, entre Pâques et Pentecôte 1273, Bonaventure intervient une dernière fois devant l’Université de Paris avec ses Conférences sur les six jours de la création — son testament spirituel, son chef-d’œuvre. Il y vient en tant que Ministre général, pour encourager à revenir à la beauté de la sagesse. La crise universitaire est pour lui une perpétuation du combat entre le Christ et l’Antéchrist tel que l’Écriture l’expose. Mais il va plus loin et y développe une véritable théologie de l’histoire : le Nouveau Testament accomplit l’Ancien, répond de lui, les deux se correspondent et se renvoient l’un à l’autre comme en un miroir. Il y développe aussi sa vision de l’illumination spirituelle : la lumière qui vient de la raison procède de ce que l’on voit ; la lumière qui vient de la foi procède de ce que l’on entend — or la parole n’est pas arrêtée par l’obscurité, donc la foi peut ne pas voir, car elle parle immédiatement au cœur.
La sagesse de ce monde est à rejeter : la vie chrétienne reste un combat spirituel contre ceux qui prennent le faux pour le vrai, l’idole pour Dieu. La foi est le fondement de la vertu, sur lequel le Christ se bâtit en nous. Les vertus élèvent l’âme vers le Vrai incréé, et cette montée procure la lumière à l’esprit et la fermeté à la vertu, l’harmonie spirituelle.
Le Concile de Lyon et la mort (1274)
Grégoire X souhaite s’entourer des meilleurs théologiens pour le Concile qu’il a convoqué à Lyon (7 mai – 17 juillet 1274), dont le but annoncé est la réunification avec les Grecs. Il appelle à lui Bonaventure et Thomas d’Aquin. Thomas meurt malheureusement en chemin, le 7 mars, à Fossa Nova. Bonaventure est quant à lui créé cardinal et nommé évêque d’Albano, il rejoint le pape près de Florence pour préparer le concile.
Il est chargé du chapitre sur la diversité des ordres religieux, qui condamne la prolifération des communautés mais approuve les ordres mendiants déjà reconnus. Bonaventure donne sa démission de Ministre général lors de la deuxième session du Concile. Le 29 juin, lors d’un moment décisif, on chante à la Primatiale de Lyon le Credo de la messe des Apôtres saint Pierre et saint Paul en redoublant le Filioque : Bonaventure vient d’y prononcer le sermon, exprimant cette proclamation commune de foi entre Latins et Grecs. Il anime ensuite les travaux jusqu’à la promulgation de l’union lors de la quatrième session.
Bonaventure meurt avant la cinquième session et la clôture du concile, dans la nuit du 14 au 15 juillet 1274, au couvent franciscain de Lyon. Ses funérailles sont célébrées le 15 par le cardinal Pierre de Tarentaise, futur pape Innocent V. Le pape Grégoire X lui-même prend la parole et évoque l’inestimable perte subie par l’Église de Dieu.
Héritage et postérité
Canonisé en 1482, Bonaventure est proclamé Docteur de l’Église en 1588. Sa reconnaissance posthume au sein de l’ordre franciscain fut inégale. Après une première éclipse, il revient au premier plan au XVe siècle, notamment avec Gerson, qui cite l’Itinéraire de l’esprit vers Dieu et le Breviloquium. Au XVIe siècle, le capucin Matthias de Salo le promeut dans son ordre, et une première édition de ses œuvres est publiée en 1562 à la demande du général des franciscains. Il est à nouveau marginalisé au XVIIIe siècle, peut-être en raison de la prépondérance du thomisme. Au XIXe siècle, l’édition critique due au franciscain Fidèle de Fanna lui permet de retrouver une certaine notoriété. Étienne Gilson le fait connaître au XXe siècle, et c’est le cardinal Ratzinger qui lui rend peut-être le plus bel hommage posthume en en faisant le sujet de sa thèse d’habilitation.
L’activité principale des chrétiens, disait-il en ouvrant ses dernières conférences, est d’apprendre du Christ combien il est doux et humble de cœur. Ce programme, formulé à Saint-Antoine-des-Champs devant un public universitaire en avril 1273, Bonaventure l’a prêché et vécu : il nous en montre l’exemple et témoigne par toute sa vie que ce chemin est un chemin de lumière et de vérité.
Eu égard à la stature et à l’importance de l’homme, l’histoire ne nous a laissé que relativement peu de traces de saint Bonaventure, dont l’itinéraire historique et géographique est difficile à retracer avec précision. C’est donc en s’appuyant sur ses oeuvres elles-mêmes, et sur sa connaissance du contexte (universitaire notamment) que Marc Ozilou a entrepris de rédiger Le chemin du soleil, cette belle biographique du « Docteur séraphique ». Au long des pages, il fait parler Bonaventure, tantôt glosant, tantôt reprenant exactement des passages de ses oeuvres et de ses lettres. Il imagine ses dialogues avec les premiers frères rencontrés à Bagnoregio, avec ses parents, avec maître Bartoloméo sur le chemin de Paris, avec ses camarades étudiants de Sorbonne… Le tout construit bien sûr une biographie très personnelle, nécessairement orientée par l’approche intellectuelle et philosophique de l’auteur, mais qui permet d’approcher aussi la pensée du saint et de participer à sa contemplation.